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                                       La Voie de la Liberté

La Voie de la Liberté

Organe Central du Parti Communiste Prolétarien de Côte d'Ivoire

TOGO: Avec le Mouvement Insurrectionnel Populaire

Le PCT dans la lutte pour la démocratie: 1990-1993

Première partie

INTRODUCTION

Le 5 octobre 1990, éclatait dans notre pays un mouvement insurrectionnel qui, au fil des jours, embrasa notre Peuple et notre pays tout entier. La classe ouvrière, la jeunesse et toutes les couches populaires, exacerbées par des années d’oppression barbare et de misère, s’étaient soulevées et mobilisées, déterminées à affronter le pouvoir fantoche, son armée, ses milices et hommes de main, pour conquérir la liberté et la démocratie. Ce mouvement insurrectionnel mettait fin a deux mythes: celui du «Togolais viscéralement peureux», car le Peuple a su faire preuve d’un esprit d’initiative et de sacrifice étonnant; celui d’un «pouvoir trop fort», car nous avons pu voir devant nos yeux, un pouvoir ébranlé, chancelant sous les coups de boutoir des masses populaires. Dans cette situation exaltante et inédite dans notre pays, notre Peuple se trouvait devant le choix suivant: ou bien se résigner à un simple replâtrage du régime autocratique et néocolonial; ou bien poursuivre la lutte pour le détruire de fond en comble, et lui substituer un régime nouveau, conforme à ses justes aspirations.

La bourgeoisie libérale et la couche supérieure de la petite-bourgeoisie intellectuelle avaient leur «solution», qu’on pourrait résumer ainsi: il suffit de doter le pays de bonnes institutions démocratiques, et d’abord et avant tout d’une constitution. En somme, il suffit de constituer la démocratie pour que celle-ci s’installe. Parce que ces institutions ouvriraient la voie à des élections «libres et transparentes», qu’elles étaient sûres de gagner. Ces fractions de la bourgeoisie non au pouvoir se préoccupaient donc avant tout d’organiser, de mettre en place des clubs électoraux, en vue de ces échéances électorales. De ce fait, elles ne concevaient le mouvement insurrectionnel que comme un simple moyen de pression pour amener le pouvoir autocratique à accepter les institutions nouvelles. Envisager le renversement de l’autocratie, ce serait pour elles «créer un vide juridique». C’est cette conception qui sous tend toutes leurs démarches, depuis la création du FAR en mars 1991, jusqu’à l’Accord Cadre de juillet 1999, en passant par la CNS, le référendum constitutionnel de septembre 1992, l’accord de Ouaga de 1993 etc. et qu’elles poursuivent encore aujourd’hui. En fait il s’agit moins de conquérir la démocratie pour le Peuple, que d’adapter le régime en place à leurs intérêts de classe.

Mais une telle «solution» oubliait l’essentiel, à savoir que l’autocrate qui reste en place, a tout le loisir d’utiliser l’appareil de répression et d’oppression à sa disposition pour s’opposer à tout changement démocratique réel. Une «transition démocratique» ne pouvait être, dans ce cas, que pure illusion, et c’est ce que notre Parti a tenu à faire savoir dès le début du mouvement. Présentant sa première analyse de la situation dans un éditorial de REVOLUTION (N°117, octobre 1990) justement intitulé «Réformer le système ou le détruire ?», il soulignait:

«Actuellement Eyadéma dispose de tous les moyens pour continuer à détenir l’essentiel du pouvoir, même avec la constitution la plus démocratique. En effet, il dispose de l’armée et de l’ensemble des forces de répression, donc de moyens d’intimidation et de pression considérables sur les masses, lorsqu’elles restent isolées et sans organisation. Et un simple texte de loi ne suffira certainement pas à lui en arracher le commandement. Il dispose aussi de moyens financiers importants pour corrompre et acheter la conscience des plus faibles. Et le programme politique le plus juste ne pourra pas lui tenir tête dans ces conditions. Rien ne l’empêche d’ailleurs de créer pour la forme ses propres Partis d’opposition, afin de semer la confusion. Au nom du multipartisme bien entendu. JOHNSON Polycarpe nous en a déjà donné un avant goût avec sa «Lettre de Lomé» qui passait pour représenter une fraction de l’opposition extérieure.Certains proposent comme solution l’ouverture d’une «Conférence nationale des Forces Vives».

Le Parti Communiste du Togo le dit tout net: cette Conférence ne peut avoir d’autres résultats que ce qu’Eyadéma propose avec sa Commission Constitutionnelle multiPartiste. Ce serait trahir les sens de la lutte menée depuis des années pour la conquête de la liberté et de la démocratie. Ce serait trahir le sens du processus amorcé ces derniers temps et qui ont connu un moment remarquable avec la glorieuse journée du 5 Octobre. Quelle est la signification profonde de la journée du 5 Octobre ? Celle d’un divorce total entre le pouvoir autocratique et le Peuple, Particulièrement la jeunesse, celle d’un discrédit total du despote Eyadéma, celle de la prise de conscience par les masses populaires de ce qu’elles constituent la véritable force, et que lorsqu’elles sont mobilisées et organisées, on ne peut rien leur imposer…, et celle de la dignité retrouvée.

Que proposent les Partisans d’une Conférence nationale ? C’est de tendre la perche à la Honte Nationale, de s’asseoir à la même table pour discuter avec ce bourreau aux mains rouges du sang du Peuple, c’est de lui accorder une légitimité nouvelle. C’est de tourner le dos aux glorieuses perspectives ouvertes par la lutte ces derniers temps. Celles de la conquête par le Peuple lui-même de ses propres légitimes, pour s’en remettre à des magouilles et à des grenouillages de salon…

L’expérience des Peuples du continent le confirme, les «ouvertures démocratiques», les conférences nationales ne sont destinées qu’à remettre en selle, grâce à quelques aménagements mineurs, les pouvoirs autocratiques vomis par les masses populaires. Seule la lutte peut permettre de s’en débarrasser définitivement».

Concernant l’objectif de la lutte ce document précisait:

Pour le Parti Communiste du Togo, on ne peut parler de changement véritable qu’à ces conditions essentielles dans les circonstances actuelles :

  • La démission du gouvernement;
  • La formation d’un gouvernement provisoire par les forces démocratiques en tant que résultat des luttes;
  • L’élection d’une Constituante en tant qu’expression de la souveraineté populaire retrouvée. Cette Constituante ayant pour tâche d’établir le bilan de la gestion précédente, et de demander des comptes aux responsables, et d’élaborer une nouvelle constitution tirant leçon de ce bilan;
  • Un référendum constitutionnel».

Et il ajoutait:

«C’est seulement à ces conditions qu’on peut opérer avec ce présent si néfaste, si douloureux, la rupture nécessaire. C’est à ces conditions seulement que nous pouvons démarrer sur une base saine: celle de souveraineté populaire véritable, avec notamment pour le Peuple le droit de demander des comptes à ses représentants, et un avertissement pour les responsables futurs, qui ne pourront plus torturer, détourner les fonds publics impunément. Ces conditions, on ne pourra jamais les atteindre par des discussions de salon, mais seulement par la lutte». Pour terminer, le Parti appelait à ce que «se constitue un vaste front de lutte, porteuse de perspectives radieuses pour le Peuple» ! Ainsi, c’est dès le mois d’octobre que le Parti avait présenté son analyse de la situation, situé les enjeux, proposé les réponses les plus justes et les plus appropriées. Et il avait, le premier, lancé l’idée d’un front. Mais pas un front pour aller négocier avec l’autocrate comme on va le voir plus tard avec le FAR et ses avatars: un véritable front de lutte. Ce sont ces mêmes positions que le Parti s’emploiera à confirmer, à expliquer avec constance et fermeté, et les documents que nous publions en sont la preuve.

Mais, il ne suffit pas qu’une position soit juste pour l’emporter. Il faut encore que les rapports de forces le permettent. Dans notre situation, il aurait fallu pour cela, que la classe ouvrière fût suffisamment éduquée et organisée pour jouer son rôle historique: celui de mener les masses populaires et de les diriger à l’assaut du régime abhorré. Mais notre Parti, auquel incombait cette tâche d’éducation et d’organisation, n’avait pas encore la capacité et les moyens suffisants pour l’assumer, et nous avons d’ailleurs eu l’occasion de nous expliquer à ce sujet[1]. Et c’est ainsi que les faux amis du Peuple imposèrent leur «solution», et réussirent à entraîner la lutte sur le terrain des tractations et du compromis avec l’autocratie, malgré tous nos efforts, nos mises en garde et nos avertissements. Le résultat, d’ailleurs prévisible, nous le connaissons. C’est cette politique qui se poursuit encore aujourd’hui.

Les documents que nous publions ci-dessous sont un témoignage des combats que notre Parti a menés pour la cause de la démocratie révolutionnaire. La plupart se rapportent à la période de 1990-1991, à quelques exceptions près. C’est la période la plus cruciale, durant laquelle la question du pouvoir se posait de façon urgente et avec le plus d’acuité. Nous les avons divisés en deux parties: la première partie est consacrée au mouvement insurrectionnel populaire lui-même, la deuxième à la CNS.

Nous avons estimé que cette publication donnera à ces documents une diffusion encore plus large parce que les questions qu’ils soulèvent sont les mêmes qu’en 1990-1991, et parce que le combat pour soustraire la classe ouvrière et les masses populaires de l’influence néfaste et capitularde des faux amis du Peuple, demeure plus que jamais actuel. Enfin, ces documents sont la preuve de la fermeté de notre Parti et de la justesse de sa ligne politique.

Le PCT est en effet le seul Parti dont la justesse des positions s’est vérifiée dans la pratique. Mais cette pertinence de nos analyses et de nos prévisions n’a rien de miraculeux. Les communistes togolais ne se prennent nullement pour des prophètes. S’ils ont toujours une vision claire de la situation, c’est tout simplement qu’ils s’appuient sur le MARXISME-LENINISME. La théorie MARXISTE-LENINISTE c’est, comme l’a affirmé STALINE, «l’expérience du mouvement ouvrier prise sous sa forme synthétique», et nous voulons apporter ici la preuve que, loin d’être une «doctrine du passé», «une idéologie étrangère importée, non applicable à l’Afrique», elle demeure une science toujours jeune et d’actualité, la boussole indispensable pour bien comprendre notre réalité et, pour agir de manière conséquente. Dans cette situation précise, notre Parti s’est inspiré de l’expérience de LENINE, et en Particulier de son ouvrage publié en 1905, «Deux tactiques de la Social démocratie dans la révolution démocratique».

En effet, devant les perspectives révolutionnaires ouvertes par les soulèvements populaires en Russie, en 1905, deux positions s’affrontaient: l’une, celle de la bourgeoisie libérale représentée par le journal l’Osvobojdénié (que rejoignaient les mencheviks), prônaient la convocation d’une assemblée pour «constituer» en quelque sorte la démocratie; l’autre, celle de LENINE et des BOLCHEVIKS, insistait sur la nécessité de poursuivre le mouvement insurrectionnel jusqu’à la chute du tsar, et sur la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire provisoire, «seul capable d’assurer la liberté entière de l’agitation électorale et convoquer une assemblée constituante….»

Voici donc ce qu’écrivait LENINE au sujet de la position de la bourgeoisie libérale et des mencheviks, les «conférenciers de l’époque». «La résolution du congrès (le congrès BOLCHEVIK tenu à Londres) dit que seul un gouvernement révolutionnaire provisoire, qui serait l’organe de l’insurrection populaire victorieuse, est capable d’assurer la liberté complète de l’agitation électorale et de convoquer une assemblée exprimant réellement la volonté du Peuple. Cette thèse est-elle juste ? Celui qui s’aviserait de la contester devrait soutenir que le gouvernement du tsar peut ne pas tendre la main à la réaction, qu’il est capable de rester neutre dans les élections, qu’il peut se soucier de l’expression véritable de la volonté du Peuple. Ces affirmations sont tellement absurdes que personne ne s’aviserait de les soutenir ouvertement, mais nos gens de l’Obsobojdénié les colportent subrepticement sous le pavillon libéral. Quelqu’un doit convoquer l’assemblée constituante; quelqu’un doit assurer la liberté et la procédure régulière des élections; quelqu’un doit investir pleinement cette Assemblée de la force et du pouvoir: seul un gouvernement révolutionnaire, organe de l’insurrection, peut sincèrement vouloir cela et avoir la force de tout faire pour le réaliser…»

Nos «conférenciers» à nous prétendaient, eux aussi, que notre autocrate était capable d’écouter la voix et les protestations du Peuple, qu’il pouvait comme dira l’un d’entre eux, «jouer le jeu démocratique» et ils n’étaient pas bien différents des libéraux russes que fustigeait LENINE. Pour les communistes togolais à l’instar de LENINE, «quelqu’un doit convoquer la conférence; quelqu’un doit assurer la procédure et régulière des élections. Voilà pourquoi la démission du gouvernement et la formation d’un gouvernement révolutionnaire provisoire constituaient chez nous aussi un préalable.

LENINE écrivait par ailleurs:

La conférence des mencheviks néo-Iskristes est tombée dans l’erreur où tombent constamment les libéraux, les gens de l’Osvobojdénié. Ces derniers ferment pudiquement les yeux sur le fait que la force et le pouvoir restent entre les mains du tsar; ils oublient que pour «constituer», il faut avoir la force de constituer. La conférence a également oublié que d’une «décision» de représentants, quels qu’ils soient, à l’application de cette décision, il y en encore loin. Nos «conférenciers» à nous avaient eux aussi oublié que pour «constituer» il faut avoir la force de constituer, et qu’entre la «décision» d’une conférence nationale «souveraine» et l’application de cette décision, il y a loin.

Mais LENINE lui-même s’était inspiré d’une expérience précédente: celle de MARX, pendant la révolution allemande de 1848. Voici ce qu’il dit à ce propos: «La conférence a également oublié qu’aussi longtemps que le pouvoir restera entre les mains du tsar, toutes les décisions de tous les représentants quels qu’ils soient, se réduiront à des bavardages aussi creux et pitoyables que les «décisions» du parlement de Francfort, bien connu dans l’histoire de la révolution allemande de 1848. Porte-parole du prolétariat révolutionnaire, MARX, dans sa Nouvelle Gazette rhénane, cinglait de sarcasmes impitoyables les libéraux, les «osvobojdentsy» francfortois, justement parce qu’ils prononçaient de belles paroles, adoptaient toutes sortes de «décisions» démocratiques, «instituaient» des libertés de tout genre, mais, en fait, laissaient le pouvoir dans les mains du roi et n’organisaient pas la lutte armée contre la force militaire dont celui-ci disposait. Et pendant que les osvobjdensty francfortois discouraient, le roi guettait le moment propice, augmentait ses forces militaires, si bien que la contre-révolution, s’appuyant sur une force réelle, battit à plate couture les démocrates avec toutes leurs belles «résolutions».

C’est ainsi que les choses se sont passées chez nous en 1991: nos libéraux, nos osvobjdensty togolais, prononçaient, eux aussi, de belles paroles sur la souveraineté de leur «Auguste assemblée», adoptaient toutes sortes de «décisions souveraines», mais en laissant le pouvoir entre les mains d’Eyadéma. Et pendant qu’ils discouraient, l’autocrate, s’appuyant sur une force réelle, perpétra un putsch militaire qui mit au pas tout le régime de «transition» «avec ses belles résolutions». Qui oserait nier la similitude entre ces deux situations ?

Quand LENINE écrit: «Les gens de l’Osvobojdénié, c’est-à-dire les représentants de la bourgeoisie libérale, veulent en finir avec l’autocratie sans rien brusquer, par la voie des réformes, en faisant des concessions, sans léser l’aristocratie, la noblesse, la cour, précautionneusement et sans rien casser, aimablement et en toute politesse, en grand seigneur en mettant les gans-blancs…», qui ne penserait pas à un Agboyibo, proposant de «rassurer» notre autocrate, ou à un Agbobli Atsutsé, pour lequel il faudrait lui ménager une porte de sortie ?

C’est en s’appuyant sur le MARXISME-LENINISME que le Parti Communiste du Togo a su maintenir le cap, qu’il est le seul Parti qui n’a pas commis, qui ne pouvait pas commettre, contrairement à une CDPA-BT par exemple, «l’erreur de croire qu’il suffisait de tenir compte d’une conférence nationale pour que Eyadéma s’en aille, et pour que s’opère le changement tant souhaité par les Togolais». Voilà pourquoi l’étude et l’assimilation du MARXISME-LENINISME est une nécessité urgente qui incombe à tout démocrate conséquent, à quiconque veut réellement apporter sa contribution à la lutte émancipatrice de notre Peuple.

VIVE LA 5 GLORIEUSE !

Le glorieux Vendredi 5 Octobre ou le Vendredi de 5 Glorieuse a accouché d’une nouvelle génération de militants dans note pays: ceux qui, tel un cyclone ont fait trembler le régime en place, inscrit 5 hauts fait historiques dans les pages glorieuses de notre Peuple. Par leur combat:

1°) La peur est vaincue: le mythe du «Togolais viscéralement couard» a été cassé. Qui oserait encore le croire ou le clamer.

2°) Le régionalisme, comme arme de division du Peuple (et des Peuples du Togo) est arraché des mains de la bourgeoisie (locale et étrangères coalisés) , car la direction du mouvement jusqu’aux combattants dans la rue (et même la listes des arrêtés entre le 23 et 27 septembre le confirme), ce sont les vaillants fils du pays sans distinction ethnique, tribale, régionale: ceux du Nord comme du Sud, de l’Est comme de l’Ouest de notre pays, tous décidés, déterminés à affronter à combattre l’autocratie fascisante du Parti-Etat réactionnaire RPT[2], à abattre le régime pro-impérialiste, anti-national, anti-jeunes d’Eadéma-Kunalé-Ameyi.Tous les pièges tendus pour les pousser à la division du mouvement, notamment sur des bases régionalistes ou ethnocentristes ont été déjoués, signe d’une certaine maturité politique de cette nouvelle génération de militants, de combattants de la démocratie et de la liberté qui a opté pour

3°) La violence révolutionnaire comme loi générale, moyen fondamental pour la conquête du pouvoir par le Prolétariat et le Peuple. Le mouvement du glorieux Vendredi 5 Octobre vient d’essayer et de confirmer l’efficacité de cette voie révolutionnaire au détriment (rejetant) de la voie du pacifisme naïf, confirmant que le pouvoir ne se donne pas, ne s’octroie pas, mais se conquiert, et surtout, que c’est par la violence réactionnaire que l’autocratie honteuse est venue et se maintient au pouvoir dans notre pays. La liste des victimes de cette violence autocratique contre la population et notre pays, et même des Peuples frères voisins, serait très longue à énumérer. Ces combattants des 5 glorieuses ont à juste titre exercé cette violence révolutionnaire en ciblant correctement,

4°) L’attaque de l’Etat, Etat néocolonial autocratique au travers de ses principaux symboles, ses principales représentations (de l’appareil d’Etat bureaucratique) d’exploitation et d’oppression à détruire que sont l’armée, la police, la gendarmerie, les RG[3], la justice, la prison et autres corps francs.., et même une Partie du grand marché de Lomé, symbole de la bourgeoisie compradore que constituent les nanas benz, principale base sociale du régime. Voici ce qui justifie ces cibles frappées par ces combattants des 5 glorieuses qui sont loin d’être des «vandales», des «terroristes» comme le prétendent nos ennemis. Debout, ces vaillants combattants se sont dressé pour,

5°) La lutte pour les libertés démocratiques, dont le Peuple a soif dans tous les domaines, et qui a connu le succès. Dans ce combat, ils ont conquis certains espaces (liberté d’association, de presse, droit de grève..), qui restent à consolider et à élargir. Ces libertés réelles et non formelles ne peuvent s’offrir en cadeau au Peuple.

Voilà pourquoi nous sommes descendus dans la rue et devons persévérer et pousser toujours plus loin les 5 glorieuses jusqu’à l’abolition de l’ordre néocolonial et l’avènement d’un ordre nouveau au profit du Peuple travailleur et de la jeunesse. Le gouvernement cherche, mais en vain, à nous attribuer d’autres attaques imaginaires ou provocatrices, ses propres œuvres et de ses agents.

Dans le but clair de salir, ternir les 5 glorieuses. Peine perdue !

La campagne mensongère, ordurière contre notre glorieuse 5 octobre ne passera pas !

Vive la 5 glorieuse !

En avant et avec détermination pour de nouvelles conquêtes !

Lomé, le 17 Octobre 1990

L’OJCT (L’Organisation de la Jeunesse Communiste du Togo)

LA JEUNESSE ET LES TRAVAILLEURS DANS LA RUE LUTTENT POUR LA CHUTE DU RÉGIME…EUX ILS CONTINUENT LEURS TRACTATIONS SORDIDES !

Alors que les masses populaires sont entrain de panser leurs plaies, d’enterrer leurs morts, mais se réjouissent aussi de la naissance d’une génération nouvelle de militants, de combattant de la liberté; alors qu’elles s’apprêtent à amplifier davantage leur mouvement de lutte revendicative; alors que précisément elle préparent pour ce week-end une vaste manifestation pour exiger la libération inconditionnel de tous les détenus encore maintenus dans les geôles de l’autocratie, Edouard Kodjo, cet autre ennemi de la démocratie, et de ses garçons de courses Agbobli Atsutsé et Tété Godwin s’apprêtent à négocier, au nom de leurs «deux membres Doglo-Agbelenko et Logo-Dossouvi de la CDPA[4]-Togo» avec une délégation gouvernementale conduite par Johnson Polycarpe, dépêchée d’urgence à Paris. Une première rencontre a déjà eu lieu jeudi dernier à Garches (dans la région parisienne). L’objectif est de négocier un compromis entre ces deux frères ennemis, ces deux bandes rivales anti-populaires:

  • Pour un partage du pouvoir néocolonial qui permettait à Edouard Kodjo d’accéder en fin au poste de Premier Ministre qu’il convoite depuis longtemps;
  • Pour arrêter la marche en avant des nouveaux combattants de la liberté, et la lutte pour la liberté, la démocratie, le pain, l’emploi…

En effet, le mouvement du 5 octobre 1990 fait trembler le régime et ses suppôts étrangers. «jamais depuis son avènement en 1967, le Président Eyadema n’a connu un tel mouvement de contestation… à elle (les autorités togolaise) de saisir ce message de la rue pour mettre fin à cette révolte des jeunes»; «il faut prôner la paix et la fraternité pour éviter de voir ce pays basculer dans une certaine violence… Ce serait une victoire de la raison sur la violence». Tels sont les commentaires apeurés de la bourgeoisie. Il est du plus haut intérêt pour les masses de poursuivre la lutte pour la libération de tous les détenus politiques; pour l’amnistie générale et le retour de tous les exilés politiques, pour la cessation de toute poursuite pour délit d’opinion; pour la liberté d’opinion, d’expression, de réunion, d’organisation; et pour de meilleures conditions de vie. Car ces besoins et aspiration légitimes sont loin d’être satisfaits actuellement, et ne sauraient l’être à travers une quelconque conférence nationale dite des forces vives, eaux nauséabondes et malsaines de grenouillages et magouilles, loin des besoins et des aspirations des travailleurs et de la jeunesse. Pas plus d’ailleurs qu’à travers une quelconque «ouverture politique» à la Eyadema.

Le Peuple en a assez soupé de ce régime ! Il n’en veut plus même replâtré !

Seule la lutte organisée et résolue du Peuple travailleur et de la jeunesse permet d’imposer sur le terrain ces conquêtes auxquelles ils aspirent !

Ne tombons pas dans les pièges et autres illusions ! !

Ne nous laissons pas abuser !

Non aux reforme de façade !

Seule la lutte résolue et organisée est la garantie de notre victoire !

Continuons jusqu’à son terme le mouvement révolutionnaire du 5 octobre 1990 !

A bas le régime néocolonial, anti-populaire, anti-national !

Pour l’instauration d’un ordre nouveau pour notre pays !

Le Parti Communiste du Togo

Lomé, le 13 octobre 1990

PROPOS DU PROCÈS MEMENE

Révolution n°117 Oct. 1990

L’annonce du procès de Memène, fixé au vendredi 25 octobre, a suscité une certaine effervescence dans tout le pays. Des rumeurs les plus diverses circulent, mettant une fois de plus le pouvoir autocratique dans tous ses états. Celui-ci multiplie mises en garde et menaces. Les larbins Sedou Oubo, Bang’na et Djobo Biyao Kpékpassi se sont mis de la Partie, envoyant une lettre de soutien à Eyadema au nom de la communauté Kotokoli, sans consulter ladite communauté, bien entendu.

On a même cru à un moment revenir aux anciens temps, quand le Kotokoli n’était pas comme tant d’autres langues nationales, privé d’antenne. Bref, dans le contexte nouveau créé par le Mouvement du 5 octobre 1990, ce procès a pris une dimension d’une importance qu’il n’aurait pas dû avoir. Nous estimons donc nécessaire de faire connaître la position de notre Parti sur ce procès et contribuer, nous l’espérons, à dissiper quelques confusions qui encore subsistent dans l’esprit de bon nombre de nos compatriotes. En effet, c’est dans la clarté des idées que le glorieux mouvement du 5 octobre peut avoir une véritable suite, c’est-à-dire la liberté, la démocratie, la prise en main par le Peuple de son destin.

Voici donc quelques idées que le Parti à juger bon de soumettre à discussion, au débat.

Nous n’apprenons rien à nos compatriotes en disant que dans ce régime autocratique que nous subissons, le détournement des deniers publics, la malversation, la concussion, la corruption sous toutes ses formes sont la pratique habituelle; et que les discours Eyadema, le premier corrupteur et corrompu du pays, sur la lutte contre la corruption, relèvent de l’hypocrisie la plus cynique. Et nous savons tous, dans ce royaume de l’arbitraire qu’est le Togo, que les condamnations pour corruption, détournement de fonds, suivies de réhabilitations spectaculaires sont fréquentes; nous avons actuellement devant nos yeux l’exemple du sieur Laclé. On peut donc conclure, en y réfléchissant un peu, que le détournement de fonds ne constitue pas en réalité un motif à condamnation chez nous, que ce genre de procès sert souvent de prétexte pour régler d’autres comptes. C’est donc une parodie de justice, le procès du voleur qui crie au voleur.

Nous estimons néanmoins que ce procès, quoique relevant de la mascarade, doit avoir lieu. Et que ce doit être un procès public. Pourquoi ? Tout simplement parce que Mémène ne se fera pas enfoncer tout seul, sans réagir. Il parlera certainement et, pour se défendre, il dira des tas de choses sur des tas de gens, sur les autres dignitaires et surtout sur l’autocrate. Ainsi le Peuple togolais pourra-t-il assister à un grand déballage d’histoires sordides qui ne manqueront pas de l’éclairer davantage, de le conforter dans son opinion sur les turpitudes de ce régime pourri, et de cette honte nationale qu’est Eyadema. C’est là tout l’intérêt de ce procès, la raison pour laquelle il faut souhaiter qu’il ait lieu et publiquement. Inversement, c’est ce qu’espère éviter le pouvoir de plus en plus embarrassé, qui a laissé traîner cette affaire jusqu’ici.

Il va sans dire que nous n’entendons nullement prendre le parti de Memène contre Eyadema, encore moins lui apporter un quelconque soutien. Pour une raison bien simple, notre Parti lutte et travaille à ce que le Peuple togolais puisse conquérir la liberté et la démocratie, brise les chaînes de l’impérialisme et prenne son propre destin en main. Dans ce sens, il apporte son soutien à tout démocrate, à tout combattant de la liberté, victime de la répression. Mais tel n’est pas le cas de Memène qui, jusqu’à son affaire, n’était qu’un des bourreaux du régime, un tortionnaire bien connu. Que nous soyons tous fatigués de ce régime, c’est une évidence que le mouvement du 5 octobre 1990 a bien illustrée. Mais ce n’est pas une raison pour accorder sa sympathie à n’importe qui, pour la simple raison que ce dernier à quelques problèmes avec Eyadéma. Une telle attitude serait dangereuse pour l’avenir, laisserait place à bien des déboires.

Le Peuple togolais doit apprendre à distinguer ses amis de ses ennemis, et nous veillerons à ce qu’il en soit ainsi.

Par ailleurs, notre Parti, ennemi implacable du régionalisme, du tribalisme, de l’ethnocentrisme, ne saurait approuver, encore moins appuyer un quelconque soutien à Memène par «solidarité ethnique», car pas plus qu’Améyi ne représente les intérêts de Kloto, ni Eklo ceux des Akposso ni Lacle ceux d’Aného, ni même Eyadema ceux des Kabye, Memène ne représente pas réellement les intérêts des Kotokoli. L’a-t-on par exemple emprisonné pour avoir protesté contre l’interdiction du Kotokoli à la radio ? Non ! Il est vrai que les Kotokoli ressentent plus Particulièrement l’oppression nationale dont ils sont victimes à l’instar des autres nationalités de notre pays. Mais ce n’est pas en appuyant Memène, comme certains veulent le faire croire, qu’ils en viendront à bout, mais en s’engageant résolument dans la lutte, aux côtés des autres nationalités de notre pays contre le régime de domination néocoloniale et d’oppression nationale, pour la conquête de l’indépendance nationale, la liberté et la démocratie.

En effet, la démocratie, la liberté, ce n’est pas seulement la liberté de réunion, d’opinion de parole, de vote. C’est aussi la fin de toute oppression nationale, l’instauration de l’égalité complète entre les diverses nationalités et minorités nationales; c’est par exemple le droit pour chaque individu d’être instruit dans la langue de sa nationalité, l’accès de toutes les langues de notre pays aux médias officiels. Notre Parti part du point de vue selon lequel l’unité nationale doit être volontaire, librement consentie, et que cela n’est possible que dans la mesure où toutes les ethnies se sentent à l’aise et ne ressentent aucune brimade, aucune frustration à l’intérieur de nos frontières.

C’est pourquoi, dans le document de son congrès constitutif tenu en mai 1980, notre Parti affirmait en guise de programme d’action : «Bannir le régionalisme sous toutes ses formes, établir l’égalité de toutes les nationalités, leur épanouissement, lutter contre toutes les discriminations entre les différentes nationalités ou minorités nationales, établir l’égalité absolue des langues et leur épanouissement». (Documents du Congrès constitutif du PCT P. 46)

Tel est le sens de notre lutte.

POURSUIVRE LE COMBAT DU 5 OCTOBRE POUR LE RENVERSEMENT DU POUVOIR DESPOTIQUE EYADEMA !

Une fois encore le despote autocrate a fait honneur à sa réputation de bourreau du Peuple togolais. Il a ordonné un nouveau massacre dont le degré d’horreur est inédit dans notre pays: 11 personnes assassinées, 38 blessées. Ces crimes contre le Peuple ne font que s’allonger. En attendant que ce dernier lui demande l’addition, à lui et à son régime, alors que les masses sont en train de panser leurs plaies, de soigner leurs blessés, et de se préparer à venger dignement leurs morts en amplifiant davantage et vaillamment leurs mouvement de luttes revendicatives, un certains Edouard Kodjo, toujours fidèle à lui-même, lance son fameux «appel au pardon une réconciliation nationale». Et pour bénéficier d’un tel pardon du Peuple, pour s’auto-pardonner ses crimes contre ce dernier, il fait remonter le pardon jusqu’à 1963. Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit l’adage. Car ses mains restent couvertes du sang de notre Peuple. Et ce dernier n’oublie pas. Lui, et ses amis et suppôts ou complices nationaux qu’étrangers prônent le pardon qu’ils justifient au nom de la nécessité de la réconciliation nationale.

Rappelons en passant que c’est avec ces mots d’ordre à la bouche, «Union et Réconciliation», «dialogue nationale», «paix et unité nationale», «le RPT, creuset national pour l’union et l’unité»…, que lui et Eyadema massacrent notre Peuple depuis 23 ans. Il y a à peine quelques mois, Monsieur Ed. Kodjo est revenu à Lomé, donner quelques précieux conseils à son chef et ami Eyadema. Comme à son habitude. Il n’a nullement rompu avec ce pouvoir sanguinaire, bien au contraire. Il fait des pieds et des mains, multiplie les génuflexions, se met à plat ventre devant le despote Eyadema dans l’espoir d’être nommé Premier Ministre.

Les massacres du Peuple par le pouvoir autocratique d’Eyadema n’ont pas commencé maintenant, ni seulement après le départ d’Edem. Kodjo du gouvernement d’Eyadema. Un tel appel a soulevé à juste titre la colère et l’indignation au sein du Peuple . L’annonce de l’idée appelant à pactiser avec le tyran sanguinaire Eyadema et son régime qui viennent une fois encore de s’illustrer monstrueusement par des massacres ignoble contre le Peuple: assassinat, exécutions sommaires, enlèvements, tortures, et détentions arbitraires, a fait l’effet d’une véritable provocation.

Les plaies de cette dictature barbare sont encore toute fraîches, béantes, vivantes… Les mêmes qui, il y a encore quelques mois, parce que le Peuple semblait passif, sans réaction (car inorganisé) face à la barbarie de l’autocratie, le traitaient de «Couard Viscéral», et clamaient partout leur «honte d’être Togolais», «d’appartenir à un Peuple aussi peureux», maintenant que ce même Peuple se dresse vaillament pour dire: «Assez », et se lance résolument dans l’unique voie qui s’impose, celle de la lutte, pour en finir avec ce régime abhorré, voilà que ces mêmes faux amis du Peuple qui effrayés parlent de «réconciliation pour éviter que le sang ne coule».

En fait ils veulent désarmer, démobiliser le Peuple par de fausses illusions, et l’empêcher de conquérir la liberté et la démocratie en se débarrassant définitivement de ses oppresseurs. Comme si le sang ne coulait pas déjà depuis longtemps ! Non !

La résolution du 7éme Conseil National du RPT a consacré la rupture définitive du pouvoir avec tout ce qu’il y a de sain dans le pays. Les travailleurs, les jeunes, les soldats, les paysans et artisans, les cadres, les opérateurs économiques et même des anciens Ministre n’ont pas accepté et n’acceptent toujours pas les vols et détournements, ni les multiples rackets institutionnalisés, le chômage chronique des jeunes, la misère se généralisant, le scélérat plan du FMI-Banque Mondiale et le criminel projet de zone franche, le servilisme à l’égard des puissances étrangères (qui vaut au tyran et honte nationale de multiple médailles et décorations aussi ronflante et dérisoire) les kidnappings crapuleux même au delà de nos frontières, les arrestations et détentions arbitraires, les tortures et le manque de liberté, le caractère archaïque et barbare de l’Etat autocratique.

Dès lors, il ne restait à Eyadema que deux possibilités : démissionner (ce qu’exige le Peuple), ou bien s’accrocher en tentant de renforcer le despotisme et en exigeant le plus de servilisme et de lâcheté de ses dignitaires. C’est pour ce dernier choix que l’autocrate tyran a opté. Mais, qu’est-ce que cela donnera ? Rien ! Personne ne croit à un «changement radical en profondeur avec le même Eyadema, Eklo, Polycarpe, Amégbo, Laclé, Améyi, Kortho, avec une volonté renforcée de réprimer d’oppression, avec la même politique du plan scélérat FMI[5] - Banque Mondiale, et le criminel projet de zone franche.

Sur le plan de la répression, quel résultat le pouvoir despotique espère t-il obtenir du renforcement de la répression d’un Peuple qui l’a rejeté clairement, catégoriquement le 5 octobre dernier ? Quelle mobilisation générale est possible de travailleurs affamés, de jeunes exclus et contre quels autres exploités ? Aucune. Non, tout le bruit et le tapage, le renouvellement de serment autour des mots «volonté de démocratisation du pays», «union et réconciliation», l’annonce que le RPT renonce à son monopole, indiquent qu’Eyadema et son pouvoir, sérieusement ébranlés le 5 octobre dernier, sont poussés dans leurs retranchements. Quiconque a vu le despote autocrate dans son bunker de Lomé II ou à la présidence ou à la télé, ou entendu simplement sa voix à la radio, se rend compte aisément qu’on a simplement affaire au chef d’un pouvoir fini et irrémédiablement condamné, mais qui s’accroche encore désespérément et vainement.

Il a même renoncé depuis le 5 octobre à se rendre en voiture de la présidence à sa résidence de LoméII. Il fallait le voir quand les avocats avaient marché sur la présidence, dans un bafouillage indescriptible, il convenait promptement des critiques adressées au gouvernement par ces derniers. Mais par son entêtement insensé, il veut achever le pays et les masses dans la ruine et la désolation physique et morales. En accentuant sa répression aveugle, ses massacres, il croit venir à bout des masses plus que jamais résolues, déterminées à conquérir la démocratie, et la liberté. Pour lui tout pour conserver le pouvoir.

Et c’est bien là la leçon principale à tirer par le Peuple du soulèvement populaire glorieux du 5 octobre. Vomi, usé, rejeté, Eyadema ne Partira pas de son plein gré. Il faut que le Peuple, debout, achève son œuvre en renversant le despote sanguinaire et son régime pourri de la honte nationale. Les travailleurs, les soldats, les paysans, les artisans, les jeunes, tous les démocrates ne doivent se faire aucune illusion ni se laisser intimider par un despote autocrate poussé dans ses derniers retranchements. L’acculer, l’acculer toujours davantage par des luttes, des luttes toujours plus vigoureuses, puissantes jusqu’à son renversement.

En avant donc pour la poursuite du soulèvement populaire du 5 octobre !

En avant pour le gouvernement révolutionnaire provisoire !

Lomé le 5 novembre 1990

Le Parti Communiste du Togo

ÉCARTONS TOUS LES MAUVAIS ESPRITS RÉGIONALISTES QUI FREINENT L’UNITÉ DU PEUPLE TOGOLAIS. Évitons de faire le jeu de nos ennemis !

A Lomé comme dans tout le territoire togolais, le régionalisme entretenu par l’autocrate Eyadéma et ses sous fifres bat son plein. Sur recommandation des régionalistes fieffés Eyadéma et sa clique du Nord, des Togolais originaires du Nord surtout Kabyé sont incités à s’armer de gourdins et de machettes sous prétexte de se défendre contre les «Sudistes» qui les accuseraient de profiter seuls du pays. Inversement on entend des régionalistes du Sud parler de «pouvoir nordiste», voire de «pouvoir kabye», et même envisager «la revanche du Sud» !

Mais est-il vrai que ce sont les «Nordistes», principalement les Kabyé qui tirent profit du R«P»T ? Non ! Est-ce vrai que les «Sudistes» sont les plus lésés et que les «Nordistes» sont les lus avantagés par le régime dictatorial anti-populaire ? Non !

EKLO, LACLE le gangster, Edem KODJO , AMEGBO, MIVEDOR, AGBETIAFA, VOULE, Mathieu KOFFI, ASSILA, ACOUETEY , président de l’Assemblée nationale, Louis AMEGA, ..qui sont les piliers du R«P»T Parti-Etat rétrograde et vomi par le Peuple sont-ils du Nord, Kabyé ou Losso ? Non ! Au 7ème Conseil national, à propos du multiPartisme EKLO ne l’a-t-il pas assimilé à «l’anarchie», à la «division» aux «démons du tribalisme» ?

L’autocrate, l’assassin Eyadéma EYADEMA, pour défendre ses intérêts de classe, n’a-t-il pas écarté du pouvoir ADEWI, BODJOLE, et tant d’autres du Nord ?N’a-t-il pas assassiné pour les mêmes raisons son beau-frère GASTON GNEHOU, le Commissaire Pana, et tant d’autres du Nord ? LACLE, l’ennemi n°1 du Peuple comme on l’a surnommé, n’a-t-il pas dénoncé Koffi CONGO, bien qu’ils soient tous deux du Sud et de surcroît de la même préfecture ? EYADEMA n’a-t-il pas réhabilité son frère de classe LACLE après son hold-up organisé à la LONATO ? LACLE ne pleurait-il pas en public pour faire passer des messages mensongers ?

En clair, tous ceux-là ont des intérêts communs à défendre: détourner les deniers publics, piller et affamer le Peuple etc…Ils n’ont pas intérêt à ce que la situation change, car ils craignent le verdict populaire. Les paysans de Pya sont-ils plus heureux que leurs collègues d’Afagnan ou Koutoukpa ? Dans une usine, l’ouvrier Kabye ou Moba est-il mieux traité ou mieux payé que son collègue d’Akposso ou de Tabligbo ? Non !

En réalité, quelque soient leurs régions, ils vivent dans la même misère crasse. Ils ont donc intérêt à s’unir pour combattre leurs ennemis communs qui les affament, et qui usent du régionalisme pour les diviser afin de bien sucer leur sang. Pour construire l’aéroport de Niamtougou, l’autocrate, le sanguinaire EYADEMA n’a-t-il pas donné l’ordre de tirer sur tous ceux qui ont refusé de quitter leurs terres, leurs seuls moyens de production ? Combien de personnes sont mortes dans les régions traversées par la faune pour avoir tué une fourmi ? Si le régime apPartient aux «Nordistes», pourquoi y a-t-il eu des manifestations anti-régime le 26 novembre à Sokodé, Sotouboua, Mango, Dapaong etc… ?

Il est donc temps de bien définir nos ennemis afin que, unis, nous puissions les combattre pour nous libérer de toute forme de domination. Qui sont ces ennemis ? Ce sont des personnes originaires du Sud, du Nord, de l’Ouest et de l’Est du Togo qui profitent du régime monarchiste, autocratique en s’enrichissant illicitement.

Ce sont EYADEMA, EKLO, BAGNA, MALOU, BARQUE, BARNABO, KORTHO, GNAGNINIM, TCHALIM, LACLE, JOHNSON Polycarpe, MIVEDOR, Edem KODJO, ASSILA, AMEYI, ,etc…, et ceux qui comme Gilchrist OLYMPIO, BONNIN, LAWSON Merlaud, TEVI, LAWSON Francisco, etc.. luttent pour prendre le pouvoir et s’en servir à leur tour pour s’enrichir sur le dos des masses populaires. En témoigne leur passé.

Comme le montrent les événements du 5 octobre et du 26 novembre, 1990, SEULE LA LUTTE PAIE. Organisés autour du PCT, nous barrerons la route à tous nos ennemis pour un lendemain meilleur.

Lomé, le 30 novembre 1990

Le Parti Communiste du Togo.

EDEM KODJO OU L’ART DE LA JONGLERIE

Révolution n118 – Nov.90

Il ne fait aucun doute que les luttes engagées ces derniers mois par les masses populaires, et notamment la glorieuse journée du 05 octobre 1990, ont ouvert des perspectives nouvelles : celle de la marche irrésistible pour la conquête, par elles-mêmes et par ses propres forces de la liberté et de la démocratie dont elles ont une soif ardente, et pour la satisfaction de leur besoin de clarté et de transparence: «on ne peut plus nous tromper», criaient à juste titre les manifestants de cette mémorable journée. Cela signifie en clair, entre autres, plus de sujets tabous, plus de personnage intouchable ! Tout doit être passé au crible de la critique.

Nous y souscrivons volontiers, quant à nous, car c'est l’un des fondements de la démocratie. Et nous ne cesserons jamais de répéter qu’on ne peut progresser dans la confusion ni dans l’ambiguïté. C’est donc cette volonté de clarification sans complaisance, car nous croyons que c’est la seule attitude juste, qui nous conduit à aborder aujourd’hui les positions d’Edem KODJO, telles qu’elles sont développées dans l’interview accordée à Forum Hebdo du 13 novembre 1990. Mais voyons d’abord qui est Edouard KODJO. C’est un ancien élève de l’ENA, une grande école où sont formés de futurs hauts fonctionnaires français.

Nous ne lui connaissons aucune activité démocratique en France durant ses études. Bref, il ne s’est pas du tout «mouillé», contrairement à de nombreux étudiants de sa génération. A sa sortie de l’ENA, il s’est mis au service du régime en place. Il est en effet l’un de ces intellectuels technocrates, qui ont entouré EYADEMA à ses débuts, et qui, sous les slogans de «Réconciliation» de «New Deal», de «Nouvelle Marche» ont contribué à consolider son pouvoir. Nul n’ignore son apport décisif dans la fondation du RPT et dans l’Edification du Parti-Etat réactionnaire RPT.

Ce grand intellectuel n’a rien trouvé à redire face à la caporalisation de toutes les organisations démocratiques par les officines du pouvoir : RPT-MONESTO-CNTT[6]-UNFT[7]-UNCTT[8]… ni devant les atteintes flagrantes aux droits démocratiques, ce que dénonçaient alors de courageux démocrates, notamment des étudiants, souvent au prix de leurs bourses d’études, parfois de leur liberté et même de leur vie. Ceux-là qu’il traitait alors d’irresponsables, de concert avec les autres dignitaires du régime. Il n’a rien trouvé à dire non plus au sujet des «morts par collapsus circulatoire» de 1970. Nous voulons parler d’OSSEYI et de ses compagnons.

«Très vite, il fallut se rendre à l’évidence», dit-il. Mais il ne nous dit pas quand cette évidence lui est apparue. Et il n’a pas pour autant démissionné avec éclat, un geste qui aurait été tout à son honneur, aurait sans doute provoqué un choc dans les masses, ouvert les yeux de quelques compatriotes trompés par la propagande mystificatrice du pouvoir sur SARAKAWA, «la lutte anti-impérialiste», l’indépendance économique, la « Révolution verte » etc. En tout cas, c’est plutôt EYADEMA qui l’a poussé dehors, non par suite de désaccords politiques, mais seulement de heurtes ambitions rivales. «Tout le monde peut se tromper » répète souvent notre intellectuel en guise de justification. Nous voulons bien l’admettre, et n’avons nulle envie de lui faire un procès d’intention. Aussi Bornerons-nous à donner notre point de vue sur les propositions qu’il formule à Partir de sa vision de la réalité, telle que cela apparaît dans cette fameuse interview.

a) «Le Grand Pardon», un avatar de l’Union et de Réconciliation.

«L’heure est venue de réaliser le grand pardon», affirme Edouard KODJO, qui fait de la «réconciliation de tous les Togolais» son cheval de bataille, auquel il veut rallier tous les compatriotes. Mais le «Grand Pardon» a un précédent dans l’histoire du Togo, tout comme la « Conférence Nationale » que l’on nous propose comme la panacée miracle, a aussi son précédent : la «Conférence de la Table Ronde» tenue par les quatre Partis politiques alors existant (ou reconstitués): le CUT[9], la JUVENTO[10], l’UDPT[11] et MPT[12] après le putsch militaire du 13 janvier 1963.

Edouard KODJO aurait rendu un immense service au Peuple togolais en expliquant pourquoi la Conférence de la Table Ronde et «l’Union et la Réconciliation» ont fini par accoucher du monstre qui est le Parti-Etat réactionnaire RPT, ce afin d'aiguiser sa vigilance. Il s’en est abstenu.

Deux faits d’importance majeure ont en effet marqué la politique d’Union et de Réconciliation et lui donnent tout son véritable sens.

  • le premier, c’est l’irruption brutale de l’armée sur la scène politique, en tant que force politique autonome et organisée, non plus soumise au pouvoir politique civil mais au contraire commandant désormais ce dernier. Bref, une sorte d’Etat dans l’Etat qui détient la réalité du pouvoir, agissant à sa guise, et réduit ainsi l’union et la réconciliation à une coquille vide, et le jeu politique a des simples bavardages sans conséquence.

- le deuxième fait majeur, c’est le retour en force de l’impérialisme français à sa position d’impérialisme dominant, position qu’il avait perdue au profit des Etats-Unis et surtout de l’Allemagne, du fait des orientations politiques d'Olympio. C’était d’ailleurs l’objectif visé par le coup d’Etat du 13 janvier 1963. Les demi-soldes n’ont été que les instruments manipulés. Ce n’était pas par hasard que ces militaires sortis de l’armée française se sont adressés à un GRUNITZKY, l’homme sui ne respire que par et pour la France. Ce n’est pas un hasard si ces militaires se sont mis à critiquer l’isolement diplomatique du «gouvernement d’Olympio», sous prétexte que ce dernier n’a pas intégré notre pays aux groupements régionaux dominés par la France : le Conseil de l’Entente l’UAM.

Il faut bien tenir compte de ces éléments pour bien saisir ce qui se tramait derrière ce slogan «généreux» d’Union et Réconciliation ». Une manœuvre de l’impérialisme français, destinée à créer une sorte de consensus et sous son égide, autour de la situation créée par le coup d’Etat, à faire légitimer celui-ci, en y amenant les Partis réputés «nationalistes» et "anti-français" (CUT et JUVENTO surtout) à s’y compromettre, à servir de caution «démocratique». Et ces Partis n’ont pas pu résister : apeurés, effrayés par l’extrême brutalité de ces militaires, ils étaient déjà tout heureux de voir leur existence tolérée et étaient pour cela disposés à toutes les concessions possibles du moins une Partie de leur direction. Et par leur nature et leur organisation, ils n’avaient ni la volonté ni la capacité nécessaires pour mener leurs activités sans autorisation officielle. La naissance du Parti-Etat-RPT n’en était que la suite logique.

Telle était donc la signification véritable de ce slogan d’union et de réconciliation: un vrai marché de dupes. Et le Peuple togolais quant à lui n’était que le dindon de la farce. Edouard KODJO nous propose maintenant une sorte de nouvelle réconciliation générale de tous les Togolais, sous le signe cette fois d’un « Grand Pardon ». Face à cela , la réaction première de tout citoyen honnête qui sait ce à quoi a abouti « la politique d’Union et de Réconciliation inaugurée par GRUNITZKY » ne peut que se demander en quoi le « Grand Pardon » serait différent et donnerait un autre résultat. D’autant que demeuraient en place deux éléments essentiels et fort inquiétants :

  • l’armée s’est encore considérablement renforcée par rapport aux années 60 ; elle n’a rien perdu de sa brutalité à l’égard du Peuple ni de son caractère de machine à réprimer, à terroriser, au service exclusif d’EYADEMA qui a éliminé entre-temps ses rivaux réels ou potentiels;
  • le Parti réactionnaire RPT, Parti d’embrigadement qui dispose encore de beaucoup de moyens pour maintenir un grand nombre de compatriotes sous sa coupe (la pression, la corruption) et qui ne disparaîtra pas de lui-même ni ne changera de nature.

b) Le rachat des crimes d’EYADEMA contre le rétablissement du 27 avril

A toutes ces questions inquiétantes, Edouard KODJO n’apporte aucune réponse. Il ne les aborde même pas. Sa grande préoccupation, c’est de persuader l’autocrate de rétablir la commémoration du 27 avril et l’ancien hymne nationale. «Terre de nos Aïeux», de réhabiliter S. OLYMPIO. Pour faire bonne mesure, il demande également la réhabilitation de GRUNITZKY (déjà entreprise d’ailleurs par EYADEMA) et de DADJO.

A ce propos, nous voulons être clairs dans notre position. Le mouvement démocratique togolais, à Partir de 1960, a eu une attitude très critique à l’égard du régime Olympio. Cette attitude juste était dictée par l’évolution même du régime qui à bien des égards, annonçait déjà le Parti-Etat-RPT : domination de la vie politique par le Parti de l’Unité Togolaise, répression contre les autres Partis, y compris ceux qui ont lutté contre le colonialisme français, mise au pas des syndicats sous la poigne d’AKOUETE Paulin devenu ministre du Travail, arrestations et internements pour délit d’opposition, exercice solitaire du pouvoir… Mais il a toujours reconnu la valeur historique du 27 avril.

Le Parti Communiste est né à Partir du bilan qui a été fait du mouvement nationaliste et démocratique dans notre pays et dans ses mérites comme dans ses limites historiques… Son point de vue reprend pour une large part celui du mouvement démocratique sur son rôle historique et ses limites objectives, mais en l’approfondissant davantage. Et le Parti s’est toujours opposé aux falsifications grossières auxquelles se livrent EYADEMA et ses comparses. Contrairement à Edouard KODJO, nous pensons que le 13 janvier doit être à jamais effacé, comme jour néfaste dans notre histoire. Mais la lutte pour la réhabilitation du 27 avril, pour une plus juste appréciation du rôle d’OLYMPIO, et pour le rétablissement de «Terre de nos Aïeux» ne doit pas faire oublier l’essentiel: instruire le procès du régime autocratique actuel, le combattre résolument jusqu’au bout. Car à y voir de près, cela ne coûte pas grand chose à EYADEMA de satisfaire ces revendications surtout si cela lui vaut le Grand Pardon s’il garde la main mise sur les instruments qui font son pouvoir et lui permettent de continuer à réprimer les masses.

Après tout, il n’a qu’à prendre exemple sur son confrère MOBUTU qui, à sa manière a lui aussi réhabilité LUMUMBA. Peut être Edouard KODJO ignore t-il ce détail. En tout, dans son désir d’aller où le vent souffle, Edouard KODJO veut nous faire croire que la haine accumulée (à juste titre) à l’égard de l’autocrate et de son chef de file EYADEMA, se réduit à une révolte contre des déformations historiques, et ne réside nullement dans l’écœurement et l’exaspération face à la gestion chaotique et désastreuse des affaires du pays, face à la corruption généralisée, à l’insolence, à l’arrogance et au mépris des dignitaires repus, convaincus de leur impunité, devant la dégradation vertigineuse de leur condition de vie, devant leur détresse physique et morale, face à l’usage brutal de l’arme de la répression, à la cupidité de ce régime oppresseur. Il prétend même qu’il n’y a pas que du négatif sous la présidence du général Gnassingbé EYADEMA. Ce n’est pas en tout cas ce que répétaient les glorieux manifestants du 5 octobre.

En cette période historique ou tout devient et doit devenir plus tranché plus net, Edem KODJO lui veut toujours tout concilier et évite de prendre Parti ; « Présenter tout ce qui advint avant 1967 comme négatif est aussi sommaire que condamner à cent pour cent le régime qui préside depuis 1967 aux destinées. Aucun régime n’est totalement mauvais (même le régime nazi M. KODJO ?) ni entièrement bon ! ». M. KODJO agit ici en opportuniste, en homme sans principe, en politicard qui veut être bien vu de tous les bords ; aussi bien par les Partisans d’OLYMPIO que par ceux du régime actuel. Voilà pourquoi il veut éviter le bilan pourtant nécessaire du régime autocratique d’EYADEMA.

Qu’est-ce que la démocratie ?

C’est avant tout le pouvoir du Peuple par le Peuple. Les droits et libertés pour le Peuple en sont le corollaire: c’est notamment le droit pour le Peuple non seulement d’élire ses représentants et dirigeants, mais aussi le droit de contrôler leur gestion, y compris de destituer les représentants indignes. C’est pourquoi nous pensons, quant à nous, qu’un des premiers actes fondateurs du régime nouveau et démocratique à venir et en tant que symbole de la souveraineté populaire retrouvée, sera de charger la nouvelle représentation nationale démocratiquement élue, de demander des comptes aux responsables du Parti-Etat-RPT, de leur faire rendre gorge si nécessaire. Ce serait un acte de haute portée civique, une occasion pour inculquer au Peuple la notion du droit au contrôle de la gestion et des biens des responsables futurs et leur signifier que désormais ils ne doivent plus se considérer comme à l’abri. Ce serait un moyen sûr pour barrer la route à tous les gredins et filous du régime actuel et les empêcher de se couvrir du manteau d’opposant (en chantant à tue-tête la « Terre de nos Aïeux par exemple, ce qui ne leur coûte rien) pour venir pourrir le régime nouveau, et compromettre ainsi le changement.

C’est aussi un acte de justice social et de portée économique indéniable : récupérer les biens spoliés au Peuple, les milliards planqués à l’étranger pour élaborer une véritable politique de développement qui rompe avec le plan d’Ajustement structurel aux conséquences si néfastes pour les masses populaires puisqu’il livre davantage notre pays au pillage et à l’exploitation impérialiste. C’est un acte de justice tout court, qui empêcherait ces dignitaires enrichis sur le dos du Peuple, de continuer à le narguer, sûrs de leur impunité. Et puis dans toute société on admet que tout crime reçoive sa sanction. La politique et les pratiques du Part-Etat-RPT sont un varitable crime contre le Peuple. C’est aussi une occasion pour renforcer l’unité nationale, car cet acte, désignerait au Peuple ses véritables ennemis, une poignée d’individus de toutes origines ethniques qui ont mis le pays en coupe réglée et non pas telle ou telle ethnie, évitant ainsi que la haine légitime du Peuple ne dégénère en guerre inter-ethnique. Mais cet acte démocratique, solitaire par excellence, M. Edem KODJO le refuse sous prétexte du «Grand Pardon» ; au nom d’une réconciliation aux objectifs et au contenu et aux modalités des plus ambigus.

c) Edem KODJO, un semeur d’illusions

Ainsi, il lance un « appel pressant aux autorités religieuses, aux notabilités connues pour leur rigueur morale et leur probité intellectuelle ». Nous ne savons pas s’il inclut Mgr DOSSEH, le modérateur de l’Eglise Evangélique du Togo et l’Imam parmi ces personnalités. Mais nous osons quand même poser la question suivante, que peut-on attendre d’un archevêque qui n’a pas protesté quand de braves et courageux curés étaient vilipendés, traînés dans la boue, bastonnés pour avoir osé s’élever du haut de leur chaire, contre les excès du régime, mais a lâchement désavoué ces derniers ! D’un archevêque qui s’est tu quand les sbires se sont introduits de force dans une église pour perturber la cérémonie d’intronisation d’un évêque (en l’occurrence Mgr KPODZRO, qui n’avait pas l’air de plaire au maître) pour molester les fidèles togolais comme étrangers invités, au grand scandale de tous, Togolais et Africains, catholiques comme non catholiques ?

Que peut-on attendre de ce modérateur de l’Eglise Evangélique ou de cet Imam de l’UMT[13] imposés de force voire manu militari par le despote ? Nous avons comme principe que les problèmes des diverses confessions religieuses ne relèvent ni de l’Etat ni des Partis politiques. Mais nous avons parfaitement le droit de donner notre point de vue, dès lors que des autorités religieuses sont appelées à intervenir dans la vie de la cité, dans le domaine politique. Et nous affirmons tout net : demander la caution de personnages aussi compromis avec le régime, des personnages qui ont couvert de leur autorité religieuse les cruautés et les turpitudes de l’autocratie (à moins qu’Edem KODJO ne pense à d’autres personnalités religieuses, auquel cas il lui apPartient de le préciser) n’est pas une garantie du sérieux de sa proposition. Et nous doutons fort que la réconciliation envisagée de cette manière ne puisse être autre chose qu’un nouveau marché de dupes.

Pour nous, le mot réconciliation revêt une signification bien précise : c’est l’union dans la lutte de tout le Peuple (qu’on a toujours cherché à diviser) pour en finir une fois pour toutes avec l’autocratie et son cortège d’horreurs. Son arme principale c’est la lutte, dont la glorieuse journée du 5 octobre 1990 a marqué un temps fort. Elle signifie que le Peuple togolais relève la tête et a battu en brèche le mythe du «Togolais éternellement peureux». En traitant EYADEMA de voleur et d’assassin, les manifestants traduisaient parfaitement la réalité et le sentiment de l’immense majorité de la population. Edem KODJO pense quant à lui que la journée du 5 octobre « mérite réflexion » tout au plus. Il la regrette presque. La réconciliation qu’il propose, c’est celle des bourreaux, des escrocs et de leurs victimes. Tout ce qu’il demande à ces criminels, c’est d’accepter le rétablissement de Terre de nos Aïeux, du 27 avril et la réhabilitation d’OLYMPIO. Avec la promesse de ne plus recommencer.

Décidément Edem KODJO préfère travestir la réalité plutôt que de la reconnaître. Ainsi pour tout observateur un peu sérieux, c’est le Peuple qui, par ses luttes, élargit ses espaces de liberté, conquiert la démocratie. Luttes pleines de sacrifices dont on peut rappeler quelques étapes: en 1977, arrestations massives de «professeurs égarés»; 1980, manifestation à Lomé du PCT (tracts, graffitis) ; 1985, arrestations pour «détention et distribution de tracts subversifs», et bien entendu la glorieuse journée du 5 octobre 1990 … en passant par la fondation de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme. Nous mettons volontairement de côté les divers complots et attentats, car nous sommes par principe contre les putschs qui ne visent qu’à substituer une clique à une autre clique. Bref, pour Edem KODJO au contraire, c’est EYADEMA qui a donné le coup d’envoi de la démocratisation avec sa constitution et ses assemblées bidon ! Edem KODJO fonde ses espoirs sur la bonne volonté de l’autocrate plutôt que sur la lutte du Peuple.

D’aucuns prétendent que des positions aussi ambiguës, une telle volonté de ménager le pouvoir autocratique seraient dictées par des considérations tactiques. Nous disons quant à nous, que toute considération tactique qui n’adopterait pas le langage de la vérité est dangereuse, car elle aboutit à semer des illusions au sein du Peuple et à lui réserver des réveils douloureux. En fait, le jeu de M. Edem KODJO ne peut tromper que les naïfs qu’il cherche surtout à rassembler autour de sa personne, une «majorité» allant des tenants du pouvoir autocratique actuel, préalablement rassuré par son «Grand Pardon», et les Partisans du rétablissement du 27 avril. Il veut se faire le porte-parole d'une majorité en vue des échéances futures, telles qu’il le souhaite, c’est-à-dire la Conférence Nationale où, grâce à des manœuvres opportunistes, il pourrait émerger, avec l’appui des médias impérialistes, comme «grand rassembleur», "personnalité modérée", "sans sectarisme", "raisonnable" et "d’expérience". Bref, il se «positionne» comme disent les politiciens bourgeois français, ses maîtres qui l’inspirent, le soutiennent et amplifient ses moindres positions et déclarations, dans le but de l’imposer à l’opinion comme alternative.

M. Edem KODJO considère le discours prononcé par EYADEMA le 30 octobre comme la décision d’ouverture du jeu politique: mais regrette que «celle-ci n’ait pas revêtu le caractère qu’une Conférence aurait dû avoir », avec au préalable l’amnistie générale, l’autorisation des Partis etc… Examinons un peu la solution qu’il envisage dans la fameuse Conférence Nationale qui lui est si «indispensable». Il propose une procédure des plus simples : il suffit dit-il, qu’un Comité indépendant formé d’hommes libres reconnus pour leur intégrité morale et leur probité intellectuelle soit constitué pour définir la tâche de la Conférence Nationale, à en fixer la durée et à statuer sur la Participation des assises. Une fois encore, Edem KODJO aligne de belles phrases qui ne veulent rien dire. En effet, un Comité indépendant par rapport à quoi ? Aussi bien du RPT que de l’opposition. De qui détiendra-t-il ses droits ? Se formera-t-il par cooptation, et selon quels critères ? Mais qui sera l’initiateur et de quel droit ? Des hommes libres par rapport à quoi etc ? Il n’y a là rien que du flou. Il n’est pas nécessaire d’être devin pour prévoir ce qui pourrait se passer si jamais cette Conférence se tient. De nombreux opportunistes se sentiront brusquement la vocation de fondateurs de Partis politiques, afin d’être représentés. Il va être naître ainsi une flopée de Partis politiques d’autant plus tonitruants que pas représentatif et sans programme sérieux, qui voudront occuper la scène. Cela va être un vaste grenouillage, un lieu de magouilles à l’infini, hors de la lutte réelle. Edem KODJO pourra-t-il manoeuvrer pour en sortir vainqueur ?

Rien n’est moins sûr. N’oublions pas surtout que, grâce au fameux «Grand Pardon», EYADEMA et ses acolytes pourront disposer de tout le magot qu’ils ont accumulé après 23 ans de vol et de détournement au détriment du Peuple. Ils ne se priveront pas de s’en servir pour corrompre les gens encore peu conscients (ils sont encore nombreux), créer des RPT bis ou avec d’autres appellations, d’autant que « Tous les Togolais sans exception, de l’intérieur et de l’extérieur, doivent avoir la possibilité et la liberté d’apporter leur contribution et faire valoir leur point de vue par une Participation effective» dit Edem KODJO. Et il y a toujours l’armée dont Edem KODJO ne nous dit pas comment la Conférence peu la soustraire du commandement d’EYADEMA ni comment elle pourrait lui faire perdre sa vocation de force répressive anti-populaire.

Pour nous, ce n’est pas un hasard si, du Zaïre au Gabon, de la Côte d’Ivoire au Bénin, l’Ouverture démocratique ou la Conférence Nationale se sont toujours soldées par le maintien au pouvoir des autocrates devenus désormais intouchables grâce au «Jeu démocratique». Il n’y a d’ailleurs rien de nouveau. Le «multiPartisme» sénégalais est un exemple qui remonte déjà à plusieurs années. Inauguré par Senghor, il se poursuit avec Abdou DIOUF: le Parti dominant reste toujours au pouvoir, les multiples Partis d’opposition éternellement dans l’opposition jouant le rôle de caution démocratique pour un système qui, quant au fond, n’a pas changé[14].

Il n’y a qu’au Bénin que le même scénario ne risque pas de se répéter.

En effet, l’ensemble des forces démocratiques, qui ont porté leur travail d’organisation et de mobilisation à un degré supérieur, en s’unissant au sein d’une Convention du Peuple (Octobre 1988) a perçu à temps qu’une telle conférence visait en fait à entraver la montée des luttes (100.000 manifestants à Cotonou le 8 décembre 1989; Kérékou lapidé et battant en retraite, des affrontements portant dans le pays…), en transportant celles-ci sur le terrain de la discussion, en les entraînant vers le compromis. Des instructions précises avaient été données en ce sens par l’Élysée, qui furent interceptées et publiées. Ainsi, ces forces non seulement se sont abstenues de Participer à cette Conférence évitant de se lier les mains, de se faire les complices de la démobilisation des masses face à ses ennemis, mais elles l’ont ouvertement dénoncée. Comme elles ont dénoncé l’un des maîtres d’œuvre de cette manigance, M. DOSSOU Robert, un proche collaborateur de l’autocrate KEREKOU et de longue date, venu se faire délivrer un certificat de démocratie à la faveur du dernier procès politique à Lomé. Chez nous les forces continuent leur travail méthodique d’organisation et de mobilisation en vue des affrontements décisifs futurs. Nous dirons seulement que les compatriotes ont tout intérêt à s’informer sur la situation réelle au Bénin.

Pour en finir avec Edem KODJO, nous constatons avec une grande satisfaction que la vie dans sa réalité est en train de mettre en pièces sa belle construction politique, de déjouer tous ses plans; d’une part le pouvoir autocratique, par sa pratique de tous les jours (et il est encore en train d’en administrer la preuve notamment à Bè, à Tsévié, à Sokodé, à Mango… où ses hordes armées se sont déchaînées contre les travailleurs et le Peuple) qui n’entend dialoguer qu’avec un Peuple soumis, esclave; mais d’autre part, le Peuple qui se redresse, répond au coup pour coup et se convainc de plus en plus, de par sa propre expérience, que les acquis qu’il a pu obtenir sont le résultat de luttes sur le terrain. Et il ne fait aucun doute que M. Edem KODJO sera très bientôt dépassé par les faits, s’il ne l’est déjà. Pour le plus grand bien du Peuple togolais !

APPEL DU PARTI COMMUNISTE

AUX TRAVAILLEURS, À LA JEUNESSE,

AU PEUPLE DU TOGO !

COMMENT S’EN SORTIR ?

Ouvriers, paysans, travailleurs des villes et des campagnes, artisans chômeurs, apprentis, intellectuels progressistes, étudiants, élèves, soldats de toutes nationalités, de toutes opinions religieuses et philosophiques qui aspirent à la démocratie, à la liberté et au travail. Pour tous et pour toutes, à l’instauration d’une République Populaire Moderne, à un ordre nouveau. Pour balayer à jamais de notre patrie la bête immonde de l’autocratie moyenâgeux, la clique Eyadema-Améyi-Assor, et pour l’avènement d’une vie nouvelle. Le Parti Communiste du Togo a contribué à la formulation des revendication immédiates et vitales des divers secteurs en liaison avec le développement de leurs luttes. Aussi, face au mouvement insurrectionnel populaire du 5 octobre, amplifié par les grève des dockers du Port Autonome de Lomé, des chauffeurs des transports en commun et par des mouvements de protestataires dans les campagnes, le P.C.T vient de lancer un grand appel au Peuple en deux Parties que voici :

Multipartisme ? Oui, mais sans Eyadema, le RPT, les impérialistes et contre eux.

Renversement du pouvoir et non partage ou alternance, encore moins gouvernement d’union nationale avec le RPT et son chef. Les oppresseurs de liberté pendant 24 ans n’ont aucun droit au pouvoir ni même à la liberté. Ils doivent payer leurs crimes et vols. Souveraineté populaire et souveraineté nationale anti-impérialiste garanties d’une part des C. A[15] de travailleurs, de paysans, et du Peuple comme leviers et appuis à l’insurrection et aux transformations démocratiques garantie par l’armement du Peuple et par un gouvernement révolutionnaire provisoire, organe de l’insurrection chargé de convoqué l’assemblée constituante; «Etats généraux du Peuple». Substitution sur cette base de la République Populaire Moderne à l’autocratie constitutionnel avec pleine reconnaissance de liberté religieuse, syndicale et politique incluant le multiPartisme sans et contre le RPT et les impérialistes; et le droit et liberté à toutes les nationalités opprimées.

Travailleurs, paysans, et jeunes de tout le pays; face à votre détermination d’en finir avec le régime de l’arbitraire et d’assassinats crapuleux, de corruption et d’oppression d’Eyadema-RPT; face à ce nouveau complot impérialiste CNFV[16], le Peuple doit préparer et lancer une grande grève générale illimité qui doit s’étendre à tout le pays, et se traduire par la prise révolutionnaire organisée; des *établissements scolaires, de écoles, des lycées et de l’Université par les élèves, étudiants et enseignants;

  • des usines, des unités de production et entreprises par les ouvriers et les travailleurs;
  • des banques par les employés;
  • des champs et de la terre pour les paysans;
  • des services publics et privés par le contrôle des travailleurs;
  • de la gestion des marchés par les usagers.

La situation exige l’avancée claire des mots d’ordre transitoires de contrôle de toute la production et de la distribution par les masses. Conquérir et instituer le droit de contrôle de la gestion du bien public, le droit de designer (et de destituer) les responsables à tous les niveaux avec le droit de l’autonomie administrative pour les régions.

N.B. Ces mots d’ordre ne se justifient qu’en période insurrectionnelle, sinon ils deviennent nécessairement réformistes, genre autogestion réformiste; il faut Partir du contrôle insurrectionnel ouvrier, paysan, et urbain de la petite bourgeoisie; armer le Peuple pour réaliser et défendre ses conquêtes; appeler les soldats, caporaux, et sous-officiers à fraterniser avec le Peuple; passer à la révolution; favoriser l’armement du Peuple en préparent minutieusement sur tous les plans l’art de l’insurrection fondée sur l’offensive continue et foudroyante jusqu’au renversement complet de l’autocratie et la destruction de fond en comble de son État, de sa machine de guerre anti-Peuple. L’heure est venu de traduire cette plate-forme en programme précis dont les points sont appelés à devenir le drapeau politique et le programme immédiat du Peuple.

Programme de transition en 10 points

1° Renversement complet du régime autocratique néocolonial, et châtiment de ses principaux dirigeants actifs, dissolution du RPT et extirpation à tout jamais de ses vestiges et de celle des FAT[17] assassins

2° Gouvernement révolutionnaire provisoire;

3° Liberté politique, religieuse et syndicale complète;

4° Armement du Peuple, organisation d’une armée révolutionnaire ouvrière et paysanne.

5° Annulation du PAS[18] et de la ZFI[19] et tous les programmes et autres accords impérialistes. Nationalisation des grandes entreprises (industries, commerce, transports, banques) appartenant à Eyadema et à ses dignitaires. Défense du secteur d’Etats. Arrêt de la braderie des entreprises d’État.

6° Pleine liberté aux nationalités, opprimées et frustrées de leurs droits.

7° Augmentation des salaires et bourses. Réintégration de tous les licenciés.

8° Formation de Comité d’Action (C.A) paysans et populaires pour la confiscation de la terre et des domaines des propriétaires fonciers et d’Eyadema, des impérialistes et autres dignitaires; La réalisation et le contrôle de toutes les transformations démocratiques(…) Rassemblement des CA dans les conseils populaire.

9° Convocation de l’assemblée véritablement constituante, des Etats généraux du Peuple, des Conseils populaires, élections libre.

10° Soutien aux luttes des Peuples de la sous région.

Les masses, Particulièrement les jeunes de notre pays ont enseigné de précieuses leçons aux révolutionnaires. Elles ont illustré par leur détermination spontanée, la loi fondamentale de l’art de l’insurrection à l’offensive. Méprisant la mitraille qui les décime, les masses continuent imperturbablement à foncer sur l’ennemi, détruire, ses liens et saper complètement le moral des forces de répression. L’offensive est le gage certain de la victoire de l’insurrection, alors que la défensive représente la mort de l’insurrection. Les travailleurs et le Peuple ont le droit ( et le devoir) d’utiliser des formes d’action appropriées face à leurs exploiteurs et oppresseurs, dans la défense de leurs intérêts et pour leur émancipation. Le projet perfide de CNFV tend visiblement à marquer un coup d’arrêt à l’insurrection, du fait principalement de l’influence des libéraux sur les masses, gagnés et alliés à l’impérialisme qui s’en sert pour bloquer la marche de la force populaire vers sa transformation en insurrection populaire armée victorieuse, émancipatrice.

Lomé, le 5 décembre 1990

Le Parti Communiste du Togo

TRAVAILLEURS ET SOLDATS: CÔTE À CÔTE POUR POURSUIVRE LE SOULÈVEMENT POPULAIRE DU 5 OCTOBRE DERNIER

Encore cinq…cinq de plus qui vont grossir le lot des nombreux père de famille sans emploi et sans ressources. Ainsi le veut l’abominable autocrate Eyadema. Mercredi dernier, dès son retour de Bamako, le tout puissant maître a de nouveau radié du corps des FAT cinq agents «coupable de corruption sur les axes routiers ». Les précédents radiations « mis à la retraite anticipée» avaient déjà suscité de vives protestations malgré les clameurs des Améyi, qui voulaient noyer le poisson.

Le Peuple avait indiqué les maux qui poussent les soldats à racketter sur les routes, ou à mendier leur pitance: salaire de misère, vie d’esclaves taillables et corvéable à merci de gueux, mauvais exemples (villas, voitures, comptes bancaires fournis à l’étranger, luxe et luxure insolents grâce au vol organisé, institutionnalisé..) de toute la hiérarchie politico-minlitaire corrompue jusqu’à la moelle… Le Peuple et la jeunesse avaient indexé les corrompu à radier : Eyadema, Eklo, Barnabo, Djondo, Améyi, Johnson Apolycarpe, etc.

Le Peuple et la jeunesse ont compris que les pleurs, les gémissements, les cris, l’étalage des souffrances, encore moins la résignation, rien n’arrêtera la main criminelle du tyran Eyadema. Le maudire n’aura guère d’effet. Il est décidé à ruiner complètement le pays et transformera ses habitants en véritables loques humaines s’ils ne les extermine purement et simplement par les armes. Déjà l’application du scélérat plan FMI-Banque Mondiale a entraîné: la liquidation de toutes les sociétés d’Etat, d’autres privatisations suivies d’une braderie aux prédateurs étrangers de tout ce secteur vital du patrimoine national, des licenciement massifs sans précédent, ouverts ou déguisés, l’arrêt d’embauche dans la fonction publique, le projet odieux de transformation du pays en zone franche, la flambée des prix des produits de première nécessité et des frais de scolarité, etc.

Ainsi, sont de plus en plus jetés à la rue, ou abandonné sans emploi des milliers de travailleurs de toutes catégories, civils et militaires. Ainsi, le même bâton meurtrier frappe indistinctement toutes les couches du Peuple: ouvriers et employés, cadres et soldats. Ainsi, soldats de toutes les armées, votre sort est désormais lié à celui de tout le Peuple travailleur qui déjà s’est engagé dans la seule voie qui débarrasse effectivement notre pays du régime de malheur de l’ogre Eyadema et mette à sa tête un gouvernement élu par tout le Peuple: le soulèvement populaire déclenché le 5 octobre dernier.

Soldats de toutes les armées, le Peuple vous tend les mains. Rejetez dans vos caserne les corvées au profit de vos chefs (travaux domestiques, travaux des champs), et les brimades du pouvoir ! Rejetez d’exécuter les ordres scélérats (qui heurtent nous le savons vos fibre de votre conscience de fils du Peuple) contre le Peuple ! Rejetez toutes les illusions, et joignez-vous hardiment aux travailleurs, aux paysans, à la jeunesse pour continuer cette grande bataille déclenchée le 5 octobre !

Organisons-nous conséquemment pour renverser le pouvoir Eyadema !

Organisons-nous afin que l’impérialisme et la grande bourgeoisie ne puissent substituer à un autocrate, un « démocrate » tout aussi oppresseur et vorace !

Avec le Peuple, imposons l’alternative populaire et révolutionnaire !

Tout pour la poursuite du soulèvement populaire du 5 octobre !

Lomé, le 7 décembre 1990

Le Parti Communiste du Togo

LES JEUNES, AVEC À LEUR TÊTE EKPEMOG, LIBÈRENT LES MASSES DES CHAÎNES ASSERVISSANTES DE LA NON-VIOLENCE !

Révolution n°122

février 1991

Les démocratistes, faux amis du Peuple (FAP) et leurs protecteurs étrangers intéressés veulent, cherchent à enfoncer ce mouvement insurrectionnel populaire (MIP) dans les eaux sympathiques de non-violence, du pacifisme débridé et bêlant, allant jusqu’à refuser délibérément le contenu anti-impérialiste à ce mouvement, afin de ne pas heurter les puissances impérialistes, leurs protecteurs: «La France, l’Allemagne et les USA nous aident à instaurer la démocratie, un Etat de droit… le respect des droits de l’Homme», chantent çà et là ces suppôts locaux des ennemis étrangers de notre Peuple. Mais cette position contre-révolutionnaire est-elle nouvelle, ou bien ne se rattache-t-elle pas à une tradition historique du mouvement nationaliste togolais: du vieux fond culturel de ce mouvement dominé et dirigé par la petite-bourgeoisie depuis les années 40 ? Avant le déclenchement du MIP[20], le 5 octobre 90, la principale difficulté rencontrée dans notre travail de mobilisation des masses était de convaincre ces dernières de la nécessité de l’usage de la violence révolutionnaire face à la violence réactionnaire, meurtrière, barbare, aveugle du régime en place. Violence réactionnaire, de plus en plus fasciste dont elles sont les victimes quotidiennement depuis des décennies.

Mais de surcroît voici, victimes, ces masses le sont aussi de la part de la petite-bourgeoisie, surtout libérale, et des églises chrétiennes qui l’intoxiquent avec la perfide idéologie endormante, mystificatrice d’«ère de tranquillité», de «paix sociale», de «voie pacifique», de «non-violence». Une idéologie traîtresse qui désarme les populaires, annihile leur désir profond et leur disponibilité à en découdre et à en finir avec ce régime oppresseur ennemi en place. Cette idéologie est d’autant plus perfide qu’elle consacre dans les faits au régime en place le monopole de l’usage de la violence. Dans cette tradition paralysante, la violence des agresseurs, des colonisateurs, est un état de fait. Imbibées d’un tel état d’esprit, se rebeller contre cette violence de l’oppresseur apparaît alors pour elles comme la seule et véritable violence dangereuse, terroriste qui entraîne en retour une répression des impérialistes et de leurs suppôts locaux. C’est dans un tel contexte, marqué pourtant par une telle idéologie auto-répressive, par un moralisme profondément apolitique, qu’est né et se développe le présent MIP (mouvement insurrectionnel populaire). En effet, ce déferlement des événements actuels entraîne les masses à l’éveil à la vie politique et à la nécessité de l’usage de la violence pour s’émanciper.

L’agitation politique allant à grande vitesse, c’est par milliers voire par dizaines de milliers que les masses saisissent toutes les opportunités pour laisser exploser ouvertement leur colère, pour descendre dans la rue, exposer leurs revendications et aspirations, affronter vigoureusement et héroïquement le gigantesque appareil de répression autocratique, pour exiger la satisfaction de ces dernières. C’est formidable, impressionnant de voir les masses déferler les mains vides, la poitrine nue, se saisir de tout ce qui leur tombe sous la main, pour braver, défier et mettre en déroute la pourtant gigantesque, effrayante, barbare et criminelle soldatesque autocratie ! C’est formidable, édifiant, de voir le Peuple insurgé, notamment les jeunes avec leur avant-garde les Ekpemog[21], foncer crânement sur les représentants et forces de l’ordre autocratique, arrosant généreusement de son sang fécond, la voie de son émancipation et du salut de la Patrie !

En un clin d’œil se sont évanouies les vieilles illusions endormantes, paralysantes de la voie pacifiste, de la non-violence; le monopole quasi traditionnellement acquis à l’ennemi du Peuple de l’usage de la violence tombe; la peur change de camp. Les jeunes font tomber les chaînes idéologiques, psychologiques, pacifistes de non-violence qui paralysaient, entravaient les masses populaires. En montrant la juste voie de salut, les jeunes de la rue et notamment les Ekpemog, libèrent les disponibilités et potentialités de combativité vigoureuse des masses. Ils font faire un saut qualitatif important, capital à notre Peuple. Dès lors, plus rien ne sera désormais comme avant !

Mais voici que, face à ce dynamisme nouveau, vivifiant, révolutionnaire, les faux amis du Peuple (FAP) reprennent les vieilles thèses confusionistes, démobilisatrices de non–violence, de pacifisme bêlant, de pardon et de réconciliation nationale ; ils demandent de renoncer à l’usage des armes pour éviter la guerre civile, la vengeance, et ce à un moment où le Peuple insurgé, surtout les jeunes n’ont à la bouche que le mot : «Eyadéma démission !», «Donnez-nous des armes pour abattre l’autocrate !».

Allant à contre-courant, contre le Peuple insurgé, les FAP[22] jouent parfaitement leur rôle d’apatrides, de contre-révolutionnaires, de sapeurs-pompiers de la lutte émancipatrice des masses. En bons roublards perfides, tout en se prétendant Partisans de la non-violence, voulant « agir en hommes civilisés et respectables et respectueux des droits de l’homme », ils entendent tirer les dividendes des manifestations et actions du Peuple insurgé pour faire pression sur le sanguinaire autocrate Eyadéma pour quelques concessions en leur faveur, pour le partage du pouvoir. Profitant du fait que les conditions subjectives retardent cruellement sur la situation objective, ces contre-révolutionnaires FAP, se prétendent leaders de l’opposition . Sûrement pas du Peuple insurgé qui lui a opté pour l’usage de la violence révolutionnaire, pour son droit imprescriptible à l’insurrection. «Une classe opprimée qui ne s’efforcerait pas d’apprendre à manier les armes, cette classe ne mériterait que d’être traitée en esclave». ( LENINE )

Le Parti Communiste du Togo

Février 1991

Révolution n°122

février 1991

«Une classe opprimée qui ne s’efforcerait pas d’apprendre à manier les armes, d’avoir des armes, cette classe opprimée ne mériterait que d’être traitée en esclave. Car enfin, nous ne pouvons pas oublier – à moins de devenir des pacifistes bourgeois ou des opportunistes – que nous vivons dans une société de classes dont on ne peut sortir autrement que par la lutte de classes. Dans toute société de classes – qu’elle soit fondée sur l’esclavage, sur le servage, ou comme aujourd’hui le salariat -, la classe oppressive est armée. Non seulement l’armée permanente moderne, mais aussi la milice de nos jours-même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques comme la Suisse –constituent l’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat. C’est là une vérité si élémentaire qu’il n’est besoin de s’y arrêter spécialement. Il n’est que de rappeler l’usage de la troupe contre les grévistes dans tous les pays capitalistes.

L’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat est un des faits essentiels les plus considérables et les plus importants de la société capitaliste moderne. Et devant ce fait, proposer aux social-démocrates révolutionnaires (lire les communistes BOLCHEVIKS) qu’ils formulent la « revendications du désarmement » ! (de non-armement, de non usage de la violence révolutionnaire), cela équivaut à répudier totalement le point de vue de la lutte de classe, à renier jusqu’à l’idée de révolution. Notre mot d’ordre doit être : armement du prolétariat afin de vaincre, d’exproprier et de désarmer la bourgeoisie. C’est la seule tactique possible pour la classe révolutionnaire, tactique qui découle de tout le développement objectif du militarisme, et qui est dictée par ce développement. C’est seulement après avoir désarmé la bourgeoisie que le prolétariat peut sans trahir sa mission historique universelle, jeter à la ferraille toutes les armes en général ; et le prolétariat ne manquera pas de le faire, alors seulement et pas avant » . Ecrit en automne 1916, cet extrait de l’article de LENINE sur le «Programme militaire de la révolution prolétarienne», reste encore juste et plus que d’actualité plus de 75 ans après, et sied à merveille à la situation que vivent les travailleurs et le Peuple togolais en Particulier, africains en général à l’heure actuelle. Ce texte pose clairement la question essentielle, un des problèmes fondamentaux posés et à résoudre par ces derniers pour leur émancipation.

Si l’évocation de la guerre, de l’imminence de l’insurrection générale armée du Peuple contre la bourgeoisie et l’impérialisme ne provoque chez des «pacifistes» de quelques «âmes sensibles», chez les réactionnaires, chez les petits-bourgeois larmoyants que l’horreur et l’épouvante, que l’aversion pour tout usage des armes, pour le sang, pour la mort, etc. nous devons dire avec LENINE: «La société capitaliste (néo-coloniale en ce qui concerne nos pays) a toujours été et demeure une horreur sans fin !» Et si depuis plus de 30 ans la haute-bourgeoisie bureaucratique et compradore apatride, avec l’impérialisme international son allié et maître, continue de livrer sous diverses formes une guerre sans merci aux travailleurs et au Peuple, la réaction de ces derniers ne serait nullement sombrer dans le désespoir; voire dans la fatalité. Non ! Les jeunes Ekpemog, ont, depuis octobre-novembre 90, réussi à arracher à la barbarie bourgeoisie autocratique en place le monopole de l’usage de la violence. Depuis, ensemble avec le Peuple insurgé, ils opposent à la violence réactionnaire, aveugle, la violence révolutionnaire. Quoi de plus légitime en somme !

Depuis lors, ils ont balayé des décennies d’illusions, de rêveries pacifistes, endormantes ! Partis avec les mains vides, la poitrine nue, ils ont saisi les pierres (d’où leur nom d’Ekpemog), et apprennent dans les «Combats de rue», sur le tas, à se battre, à se tremper et à s’aguerrir progressivement. Déterminés à en découdre et à en finir avec l’abject ordre autocratique, barbare et sanguinaire, ils gardent leur conviction inébranlable, malgré les manœuvres de sabotage et de liquidation des FAP et de l’impérialisme français, et s’affirment comme de véritables lutteurs, des combattants de la démocratie, des modèles pour beaucoup d’autres jeunes, les défenseurs des masses qui les portent dans leurs cœurs et se réclament d’eux.

Le Parti Communiste du Togo

Février 1991

Quiconque reconnaît l’existence de classes sociales dans notre pays, et la lutte des classes ne peut pas ne pas admettre les guerres civiles qui, dans toute société divisée en classes, sont la continuation, l’extension, l’aggravation naturelles, et dans certaines conditions, inévitables, de la lutte des classes. Toutes les grandes révolutions le confirment. Nier toute possibilité et la présence, la réalité de la guerre civile dans notre pays est théoriquement faux; historiquement, c’est une erreur manifeste, pratiquement c’est suicidaire pour les classes dominées, opprimées : ne pas admettre les guerres civiles ou les oublier, ce serait tomber dans le piège des classes dominantes et renier la révolutions, la voie de s’émanciper, de se libérer de la domination, du joug de forces dominantes. Ce serait consentir volontairement. Se complaire dans sa situation de dominés, d’opprimés, d’écrasés, se refuser de sortir de cette situation de victimes.

Mais il y a deux sortes de guerres civiles: l’une contre-révolutionnaire, réactionnaire, menée par les ennemis du progrès, du Peuple, de la Patrie, et de la révolution, se déroulant dans le cadre national. Elle est menée contre les intérêts des ouvriers, des travailleurs, du Peuple, et du pays, par les forces dominantes, la bourgeoisie et la réaction, soit pour conserver ou reprendre le pouvoir. Pour atteindre un tel objectif, ces forces réactionnaires chercheront à diviser le Peuple, les ethnies, les nationalités, les Peuples, à entraîner une fraction de ceux-ci derrière elles pour l’opposer à l’autre fraction dans une guerre fratricide entre fraction de la population (jouant souvent sur les instincts primaires bas des masses), chacune conduite, toutes manipulées par la réaction. Une telle guerre civile qui va dans le sens contraire au progrès, à l’émancipation du prolétariat et des travailleurs et des Peuples, et du pays est à rejeter, à combattre énergiquement comme le SIDA.

Les ouvriers et le reste des travailleurs, les Peuples, la jeunesse de notre pays doivent rester vigilants, éveillés pour éviter de tomber dans le piège, souvent tendu par leurs ennemis, d’une guerre civile réactionnaire au profit de la contre-révolution, de la régression. Par contre, il y a une autre guerre civile à désirer, à chérir, à encourager, à préparer fiévreusement et à mener jusqu’à la victoire contre la bourgeoisie et les forces contre-révolutionnaires, opportunistes, réactionnaires. C’est la guerre civile interne au Togo, entre les Togolais, progressistes révolutionnaires, conduisant vers l’émancipation du Peuple et du pays du joug de la domination, de l’aliénation, allant dans le sens du progrès. Une telle guerre civile par le Peuple et pour le Peuple est révolutionnaire.

Elle vise en effet à révolutionner la société que bloque la réaction. En tant que processus de continuation, extension, aggravation de la lutte des classes, cette guerre notre Peuple travailleur la mène déjà, imposée à lui par la situation, par les classes dominantes, à savoir la coalition de la bourgeoisie et la réaction togolaises et étrangères impérialistes. Face à une telle coalition, une telle force oppressive, exploiteuse, étouffante, le Peuple a le droit imprescriptible de s’élever en utilisant tous les moyens à sa disposition y compris l’insurrection et la lutte armée pour s’émanciper, se libérer d’un tel joug.

C’est légitime et juste car «Une classe opprimée qui ne s’efforcerait pas d’apprendre à manier les armes, de posséder des armes, ne mériterait que d’être traitée en esclave». Ceci d’autant que nous vivons dans une société de classes dont on ne peut sortir autrement que par la lutte de classes. Dans toute société de classes, qu’elle soit fondée sur l’esclavage, sur le servage ou, comme aujourd’hui, sur le salariat, la classe des oppresseurs est armée. De nos jours, non seulement l’armée permanente, mais aussi la milice – même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, comme la Suisse – constituent l’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat. C’est une vérité tellement élémentaire qu’il n’est guère besoin de s’y arrêter spécialement».

Ce n’est point au Peuple travailleur togolais qu’on viendrait faire un dessin – ce n’est point la peine… «L’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat est l’un des faits les plus importants, les plus fondamentaux, les plus essentiels de la société capitaliste moderne». Voici ce que nous enseigne LENINE et que la vie courante dans le monde entier confirme tous les jours. Cela étant, venir au Peuple, aux révolutionnaires et surtout à nous communistes prôner la non-violence, le pacifisme bourgeois, le non-armement du Peuple travailleur, «Plus d’armée au Togo», «L’armée est pléthorique et budgétivore», «Le Peuple togolais n’a pas besoin de s’armer à son tour pour continuer à faire couler le sang des Togolais sur la Terre de nos aïeux», «ça coûterait trop cher pour notre petit Togo», «D’ailleurs le Togolais est par nature pacifiste, non violent. Il doit le rester» «Nous sommes une petite nation, notre armée est et sera toujours insignifiante ; nous ne pouvons rien contre les grands», clament çà et là les pacifistes bourgeois, les faux-amis du Peuple, les opportunistes et certains prieurs.

Non seulement leur théorie fumeuse est complètement détachée de la vie, de la réalité dans notre pays comme dans le monde, mais encore c’est qu’avec les illusions qu’elle engendre, elle affaiblit et débilite (son véritable objectif) le Peuple, du moins une Partie de celui-ci. Et ce serait la renier intégralement le point de vue de la lutte de classe, - une réalité aveugle dans notre pays – et renoncer à toute idée de révolution, d’émancipation. Ce serait abandonner à jamais le monopole de l’armement et de la violence à l’ennemi.

Notre mot d’ordre est et reste: l’armement du Peuple travailleur, le service militaire (car la formation militaire est une science) à tous pour que celui-là puisse vaincre, exproprier et désarmer la bourgeoisie et la réaction oppresseurs. Pour réaliser une paix démocratique et équitable, il faut renverser le pouvoir néocolonial autocratique d’Eyadéma. Si l’idée d’une guerre civile, de toute guerre civile en général, sans distinction, provoque chez les prieurs, les Partisans de Gandhi et autres Lutter King, et autres faux amis du Peuple, et autres petits bourgeois pleurnichards, uniquement de l’épouvante et de l’horreur, de la répulsion pour tout emploi des armes, pour le sang, la mort etc. nous communistes avons le devoir de dire : la société capitaliste a toujours été et demeure en permanence une horreur sans fin. Ce n’est pas uniquement par l’emploi du fusil qu’elle tue tous les jours pour que la bourgeoisie réalise des profits. Et nous vivons au Togo dans une société capitaliste néo-coloniale traversée de part et d’autre par la lutte des classes féroce, au su de tout le monde.

Face à cela, le Peuple travailleur n’a aucune raison de sombrer dans le désespoir, le fatalisme de l’impuissance. Or, objectivement parlant, c’est très exactement se laisser aller au désespoir, à la fatalité que de «revendiquer», de «prôner» le désarmement et surtout le non-armement du Peuple travailleur – ou, plus précisément, rêver de désarmement – à une époque où, à travers tous les cieux, au vu et au su de tout le monde, la bourgeoisie continue de s’armer fébrilement et de massacrer. Les faits sont là, palpables. Dans notre pays, l’ordre néocolonial impérialiste, barbare, la lutte de classes sont une réalité que les phrases pacifistes gentilles, doucereuses, générales, creuses, vaines, cherchent pratiquement à farder, occulter.

Préparer la seule guerre véritablement légitime révolutionnaire, à savoir la guerre civile contre la coalition de la bourgeoisie de la réaction et de l’impérialisme international, français en Particulier, en ce qui concerne le Togo, c’est choisir la voie de l’émancipation du Peuple et de la Patrie. A propos de la milice, nous devrions dire haut et fort : nous ne sommes pas pour la milice néo-coloniale, bourgeoise, pro-impérialiste, anti-Peuple travailleur, anti-nationale, anti-démocratique, contre-révolutionnaire comme les FAT (Forces Armées Togolaises), mais seulement pour une milice du Peuple travailleur, patriotique. Par conséquent, à bas les FAT criminelles, fascistes, autocratiques ! Vivement l’armement du Peuple ! Nous pouvons réclamer l’élection des officiers par le Peuple qui peut les révoquer à tout instant en cas de faute grave, l’abolition de toute justice militaire, l’égalité en droits pour tous les hommes en armes, pour toutes les nationalités et ethnies du Togo, ensuite le droit pour les citoyens de former des associations libres en vue d’étudier l’art militaire en élisant librement et sous leur contrôle leurs instructeurs.

Les femmes sont concernées par le changement radical de la situation: elles doivent Participer aussi à l’IGA[23]. Parmi les poisons injectés au sein des masses, on trouve cet autre venin: «La guerre n’est pas faite pour la femme», «Elles ne connaissent rien à la politique…», «C’est une affaire d’hommes…», «Elles sont trop sensibles… elles font beaucoup de sentiments», «Elles doivent être avec les enfants à la maison». Voilà quelques idées féodalo-bourgeoises véhiculées au sein des masses pour empêcher les femmes qui constituent pourtant plus de la moitié de la population togolaise, de Participer à la révolution, à l’insurrection populaire armée.

Non seulement le nécessaire changement radical de la situation en faveur du Peuple travailleur concerne directement les femmes du Peuple, mais encore l’histoire du monde et du Togo en Particulier, infirme ces thèses réactionnaires rétrogrades. D’abord, vivant dans la même situation, les femmes togolaises, tout comme les hommes, sont traversées par la lutte de classes. Il y a des femmes du Peuple travailleur d’un côté et de l’autre celles du camp de la réaction ennemie. On ne saurait parler de la femme togolaise : en terme général.

Ceci dit, que ce soit pendant la Commune de Paris, ou durant la plupart des mouvements de libération nationale ou sociale qui prennent souvent la forme de lutte armée à travers le monde (en Asie, en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient), des femmes et des enfants à Partir de 13 ans combattent aux côtés des hommes. Au Togo aussi les Togolaises ont Participé massivement et activement à la lutte pour l’indépendance du pays.

Le 24 janvier 1933, une manifestation spontanée des femmes de Lomé a fait céder pour la première fois le pouvoir colonial. Elles venaient ainsi de sonner le tocsin de la décolonisation sur le continent. Une telle Participation des Togolaises aux côtés des hommes au sein du mouvement nationaliste pour l’ABLODE[24] est un fait établi historiquement. Il ne saurait en être autrement dans les combats présents et à venir pour le renversement de l’autocratie barbare néo-coloniale du tyran Eyadéma.

Les femmes des ouvriers et autres travailleurs de notre pays ne regarderont pas passivement la haute-bourgeoisie alliée à l’impérialisme international, français en Particulier, bien armée et encadrée, continuer de tirer et de massacrer les ouvriers, les travailleurs, les jeunes complètement dépourvus d’armes. Elles prendront le fusil, comme en 1871 en France, en Palestine occupée et dans les mouvements de libération des pays dominés par l’impérialisme, infailliblement. Déjà, beaucoup de femmes manifestent leur colère ici et là face à la dégradation constante des conditions de vie et de travail des masses laborieuses et face à l’accentuation de la barbarie, de l’arbitraire de l’autocratie de Eyadéma-le-Sanglant. Avec la persistance de l’ordre autocratique néocolonial, avec son cortège d’arbitraire, de privation des libertés, de barbarie, de licenciements massifs, de chômage surtout des jeunes, imposés notamment par les P.A.S. du FMI-BM, de la braderie honteuse du patrimoine national aux puissances étrangères, comment réagiront les femmes du Peuple travailleur ? Se borneront-elles à maudire, à s’opposer à toutes les guerres et tout ce qui est militaire, à réclamer l’abolition de toute armée au Togo, le non armement du Peuple ? Jamais !

Les femmes d’un tel Peuple travailleur aussi écrasé, exploité, asservi, humilié, mais toujours debout, ne s’accommoderont d’un rôle aussi négatif, honteux. Elles diront à leurs fils, (fille ou/et garçon): «Bientôt tu seras grand. On te donnera un fusil. Prends-le et apprends comme il faut le métier des armes. C’est une science indispensable aux ouvriers, aux travailleurs, non pour tirer sur tes frères, les ouvriers d’autres nationalités ou ethnies, ou d’autres pays, mais pour lutter contre la bourgeoisie et la réaction tant nationales qu’étrangères coalisées, pour mettre fin à la domination impérialiste, à l’exploitation, à l’oppression, à la misère; milite pour le service militaire pour tous, pour l’armement du Peuple travailleur».

Voilà dorénavant le mot d’ordre et la position fermes et justes des femmes du Peuple de notre pays. Ces dernières se montreront plus crédibles, plus démonstratives, plus exemplaires aux yeux des enfants qu’elles-mêmes Participeront aux combats pour la révolution quelle que soit leur forme.

Le Parti Communiste du Togo

Révolution n°125, 30 mai 1991

Tous ces Faux Amis du Peuple d’Edem Kodjo, Agboyibo, Gnininvi, Djobo, Ayeva, Ekon, en passant par Afantchao, Locoh, Occansey… et autres nanas-Benz et nanettes-Benz et certains juristes et intellectuels opportunistes Koffigoh, Dégli, Gally, Agbobli Joachim, Bonnin, Tavio, des appuis et pantins manipulables au gré des puissances étrangères, financières en Particulières. Chacun d’eux cherche à charmer le Peuple insurgé, la rue, se déclare son meilleur ami, son défenseur intrépide, son sauveur, bref « des représentants du Peuple »; en fait de «nouveaux» bouffeurs et pilleurs du pays qui comptent eux aussi faire fortune sur la misère du Peuple travailleur et du pays. Ils font partout des promesses démagogiques aux masses pour donner surtout des illusions aux jeunes; mais le Peuple insurgé apprend vite à connaître ces Faux-Amis, à les écarter de son chemin et à les dénoncer. Les jours passant, et au vu de leurs pratiques, les mots démocratie, liberté, Peuple, indépendance, souveraineté sonnent faux, platoniques dans la bouche de ces FAP qui ont été conçus, constitués pour l’exécution de la sale besogne anti-Peuple, anti-nationale, à laquelle ils sont assidûment attelés.

Cupides et voraces, ces Faux Amis Peuple poussent leur servilisme vis-à-vis des puissances impérialistes jusqu’au larbinisme qui fait perdre tout sentiment patriotique et de dignité. Il suffit de les voir fréquenter assidûment les chancelleries étrangères sur place, ramper devant notamment le gouverneur ambassadeur Delaye. De plus en plus, beaucoup de gens du Peuple clament leur indignation, leur dégoût face aux comportements avilissants de ces FAP: «même à genoux, on peut avoir, on peut garder un minimum de dignité! » Hélas, ces leaders de l’opposition sont tellement corrompus, souillés, corruptibles qu’ils sont prêts à toutes les lâchetés pour avoir quelques miettes, pour se faire pardonner, enterrer quelque malversation passée. Ils sont sans scrupules, assoiffés de gains faciles et ne tarissent pas d’idées lorsqu’il s’agit de profiter d’une situation. Ils étaient presque tous avec Eyadéma jusque récemment: ils bouffaient avec lui, pillaient le pays ensemble. Entre autres, quelle idée d’aller sabler du champagne avec l’abominable Eyadéma aux mains encore toute ruisselantes du sang tout chaud de ses nouvelles victimes de Bè, à Lomé II, au lendemain de l’horrible massacre nazi de la lagune de Bè !? («Une concession conseillée et dictée par M. l’Ambassadeur Delaye» pour les uns ou «des circonstances» pour les autres, ne suffit pas).

Que peut-on espérer, attendre de tels dirigeants de l’opposition, que Eyadéma tient en otages par d’immenses dossiers compromettants à leur encontre et qui restent les «obligés» de ce monstre qui les a faits ? Ils ont presque tous prospéré à l’ombre de cette autocratie abjecte qu’ils prétendent maintenant combattre. Le succès, et le plus criminel, de Eyadéma pour son règne contre l’avenir, le devenir de la Nation, c’est d’avoir corrompu jusqu’à la moelle l’élite togolaise, et ce jusqu’à une large frange de la jeunesse. Comment peut-on prendre au sérieux, faire entière confiance à des Gally, des Agboyibo et autres (pas tous heureusement) jeunes juristes présentement projetés au devant de la scène politique comme dirigeants de l’opposition «démocratique» ? Comment peut-on admettre, accepter de gaieté de cœur comme dirigeants du Peuple insurgé contre l’ordre ancien, des gens comme Edem Kodzo, Ayeva Zarifou, Ekon Francis, Bonnin Audoche, et même Léopold Gnininvi ou Afantsao ? Ils ont beau être des adversaires, des rivaux d’Eyadéma, avec qui d’ailleurs ils ont déjà trouvé et trouveront souvent des compromis et ententes sur le dos du Peuple. Comment confier conséquemment le sort du Peuple insurgé et du pays pour un avenir radieux, à de tels dirigeants dont la morale reste la même que celle de l’autocratie apatride que nous combattons !

Comment peut-on gagner une guerre (car c’en est une) en étant dirigés, conduits par des traîtres, qui, en pleine bataille, vont trinquer joyeusement avec l’ennemi ou complotent régulièrement avec Monsieur l’ambassadeur Delaye contre leur propre camp ? Voilà le principal drame pathétique actuel de l’historique du mouvement populaire, contraint de déjouer constamment les complots et de dénouer les intrigues ennemies dans sa marche en avant. Elevant régulièrement, dans la lutte, son niveau de conscience, il ne rate aucune occasion pour manifester son rejet des deux fractions de ses ennemis. Une chose est sûre et motivante, c’est que le Peuple togolais ne veut plus de l’autocratie matérialisée, incarnée par le criminel fasciste Eyadéma. Il réclame, exige la démission immédiate et inconditionnelle de ce dernier et de sa bande. Nos leaders de l’opposition eux prêchent au Peuple insurgé «le dialogue, le grand pardon, la réconciliation (avec son abominable bourreau enrayé décidé à conserver par tous les moyens le pouvoir), la non-exclusion de l’autre, la tolérance» pour éviter une guerre civile alors que le despote continue de le massacrer, de faire couler gratuitement son sang. Et sous la fermeté, la détermination dans leur exigence, les luttes populaires et toutes les pressions, ils reprennent platoniquement, démagogiquement et à d’autres fins le mot d’ordre du Peuple insurgé.

Non, ces opposants ne peuvent diriger conséquemment le Peuple insurgé vers sa victoire !

Ce n’est point là leur place ni leur rôle.

Le Parti Communiste du Togo

Lomé, le 30 mai 1991

LES FAP SONT CONÇUS POUR JOUER LE RÔLE DE PION DE L’IMPÉRIALISME, DE SABOTEUR ET DÉVOYEUR DES LUTTES ÉMANCIPATRICES DU PEUPLE

Révolution n°125

30 mai 1991

Les masses suivaient la voie révolutionnaire pour réaliser leur mot d’ordre, le seul mot d’ordre juste et approprié à la situation et susceptible d’ouvrir la voie à un changement démocratique réel : démission immédiate et inconditionnelle du sanguinaire despote Eyadéma et de son gouvernement ; constitution d’un Comité de Salut Public. Alors que les dirigeants du FOD suivaient une orientation réformiste traîtresse «pour réaliser les mêmes revendications». L’essence de la trahison du FOD[25] réside en ce que dès le début, ce Front de l’Opposition Démocratique (FOD) a refusé de se constituer lui-même en «Comité de Salut Public» en tant qu’État-major de la révolution et de l’organisation de l’armement du Peuple et de l’insurrection. Il a refusé de se constituer en gouvernement révolutionnaire provisoire, proclamant la destitution d’Eyadéma et de son gouvernement et appelant les soldats et les officiers à rallier le Peuple insurgé et retourner le fusil et les canons contre leurs chefs…

Les dirigeants des associations, du barreau de Lomé, des syndicats ont constamment suivi la ligne contre-révolutionnaire de «fraternisation du Peuple avec l’armée» dans son ensemble alors que la démocratisation exige nécessairement la désagrégation des rangs de l’armée (en passant par la fraternisation avec les soldats, ce qui n’a pas le même sens que la fraternisation avec l’armée dans son ensemble). Le FOD s’est continuellement servi de la pression populaire, de «la Rue» pour chercher seulement à contraindre l’autocrate Eyadéma aux concessions.

D’abord pour lui faire accepter simplement de rencontrer les organisations démocratiques non pro-gouvernementales, comme «interlocuteurs valables». Puis, sous la pression irrésistible de la base refusant tout dialogue, il a continué à chercher une issue pacifiste et négociée, c’est-à-dire boiteuse, avec Eyadéma. L’autocratie sanguinaire qui savait qu’il n’avait aucune garantie avec ces dirigeants qui ne contrôlent rien, même pas leur base, a préféré négocier les conditions de son sort avec ses maîtres impérialistes français Particulièrement.

C’est le marchandage abject qu’a soutenu le FAR dirigé par les avocats libéraux, pro-impérialistes Agboyibo, Koffigoh, Dovi, rejoints un peu plus tard par tous les dirigeants de syndicats et des groupes et Partis réformistes et opportunistes à leur traîne pour former le FOD. Eyadéma a dit : «Je ne démissionnerai pas ! » Non seulement il ne va pas démissionner, mais les dirigeants du FAR[26]/FOD ont signé un pacte de trahison, lui garantissant qu’il ne sera ni jugé, ni exécuté, ni même démis de son poste de chef d’Etat. «Nous devons faire respecter et respecter tous les règles démocratiques… d’un Etat de droit » «Son départ créerait un vide politique» «Il est le seul à même de conduire la transition jusqu’à son terme». Puis : «Pas de chasse aux sorcières !» «Pas de tribunal d’exception !» «Le jugement apPartient à Dieu !» «Nous devons éviter qu’à nouveau le sang d’autres Togolais ne coule». Bref, les déclarations des uns et des autres sont on ne peut plus révélatrices à cet égard.

Ce qui est possible, c’est que sous la pression populaire qui n’entend certainement pas laisser l’impérialisme, ses valets, ses agents et appuis locaux : récupérer le mouvement populaire insurgé à d’autres fins contraires, opposées à celles du Peuple et du pays ; démobiliser et désarmer la rue en ébullition; entraîner cette dernière dans un perfide processus de compromis et de compromission avec le pouvoir pro-impérialiste sanguinaire ennemi, donnant le temps à ce dernier d’éteindre le brasier populaire ; les loups vêtus de peau d’agneau, à savoir la fraction de la haute bourgeoisie et la couche supérieure de la petite bourgeoisie intellectuelle apatrides, qui jouent aux dirigeants du Peuple insurgé, seront complètement démasqués, dénoncés et combattus par ce dernier. Déjà leurs propos, attitudes et pratiques différents de ceux du Peuple insurgé les découvrent largement.

Le Parti Communiste du Togo

Lomé le 30 mai 1991

COMMENT ILS CONTINUENT DE TRAVAILLER CONTRE L’ÉMANCIPATION POPULAIRE !

27 avril 1958 – 27 avril 1991 !

A 33 années d’intervalle, c’est la même trahison de la bourgeoisie, après une victoire éclatante du Peuple togolais.

Le 27 avril 1958, le Peuple togolais remportait haut la main les élections générales qu’il avait réussi, par des luttes héroïques et des sacrifices immenses, à imposer au colonialisme français.

Le 27 avril 1958, le colonialisme français était vaincu, et cette victoire populaire ouvrait les perspectives d’un pays véritablement indépendant et souverain, d’une société de progrès. Mais cette perspective exaltante a été trahie par des faux amis, la fraction de la bourgeoisie compradore et des gros propriétaires fonciers qui s’était hissée à la tête des masses et des luttes anti-colonialistes, et ne visait qu’à se servir de ces luttes pour passer un compromis avec l’impérialisme français, afin de pouvoir diversifier ses liens de dépendance. On a abouti ainsi à une indépendance purement nominale, à la consolidation, sous la forme néo-coloniale, de la domination impérialiste que nous subissons encore jusqu’aujourd’hui.

Le 27 avril 1991, l’autocratie moyenâgeux d’Eyadéma, vaincue par le Peuple en lutte, était à terre. Eyadéma était groggy, K.O. debout, et cela se voyait à plusieurs signes révélateurs, visibles:

  1. l'hymne national auquel s’était toujours farouchement opposé, a repris droit de cité, et le despote doit se résoudre non seulement à rétablir le 27 avril comme fête nationale, mais à le fêter lui-même malgré lui;
  1. inversement, le 13 janvier, date symbole et fétiche de son usurpation du pouvoir, est aboli de fait ;
  1. Sylvanus Olympio, sujet tabou, est réhabilité;
  1. l’autocrate Eyadéma, jadis habitué à parader à Lomé, ne peut plus circuler en ville sans une forte escorte. Son discrédit, son rejet est total de la part des masses qui n’hésitent plus à le brocarder ouvertement, à le représenter sur les murs sous des traits les plus grossiers; celles-ci débaptisent les édifices publics et les rues, tentent de déboulonner les statues du dictateur; elles le lapident;
  1. l’Animation est réduite à sa plus simple expression, les manifestations à la gloire de la Calamité Nationale disparaissent;
  1. à Lomé comme à l’intérieur du pays, les symboles et les représentations de l’État sont devenus des cibles privilégiés; commissariats, gendarmeries sont attaqués et incendiés; les représentants locaux du pouvoir (préfets, sous-préfets…), les agents de l’autorité (policiers, gendarmes…) sont en fuite, ou se terrent; même les ministres ne sont pas à l’abri de la fureur populaire, et parfois ne doivent leur salut, comme leur chef de file Eyadéma, que dans la fuite et dans la débandade; même privés de passeports (confisqués par le despote), beaucoup de ces ministres sont aux aguets , attendant la moindre occasion pour fuir le pays;
  1. traumatisés par le spectre du scénario du Mali de Moussa Traoré, et des horribles massacres de la lagune de Lomé, frappés surtout par la ferme détermination des masses populaires, de nombreux soldats des FAT se posent des questions: désappointés;
  1. dans les bureaux de la Fonction Publique, on ne travaille qu’au ralenti, et les grèves se succèdent aux grèves; les lois et les ordres du gouvernement ne sont plus exécutés;
  1. des quartiers populaires de Lomé et la ville de Kpalimé sont interdits à la police et se sont eux-mêmes pris à leurs propres charges. Bref, il ne fait aucun doute que le souhait ouvertement exprimé par le Peuple togolais, l’objectif qu’il assigne à sa lutte, c’est de se débarrasser au plus tôt de l’autocratie. D’ailleurs pour matérialiser cette réalité, beaucoup se comportent déjà comme si le despote n’existait plus, avait disparu de la scène politique. Ils l’ont précisément montré dans leur manière de célébrer ce 27 avril dans la rue, en boycottant les cérémonies officielles, en abandonnant Eyadéma et sa bande tout seuls dans un stade absolument désert.

L’aboutissement logique des luttes des masses populaires, le seul objectif qui soit à la hauteur des sacrifices consentis, c’est à l’évidence: la démission, de gré ou de force d’Eyadéma et de son bras armé, le va-t-en-guerre contre le Peuple, le général Améyi; le jugement par le Peuple de l’autocrate et ses complices, lesquels doivent rendre compte et rendre gorge.

En allant dialoguer avec ce tyran tellement groggy, K.O. debout, tellement vomi que même les masses ne veulent plus le sentir, (sinon que pour lui demander des comptes, sur sa gestion, ses crimes, ses abominations), en proposant d’aller s’asseoir à la même table que ce bourreau aux mains encore pleines de sang du Peuple, la grande bourgeoisie, la bourgeoisie libérale et la couche supérieure de la petite-bourgeoisie coalisées au sein du FOD, trahissent une fois de plus les intérêts du Peuple et le sens de sa lutte.

Mais avec le mot d’ordre de grève générale illimitée qu’ils viennent de lancer, ces bourgeois non-au pouvoir risquent en plus d’entraîner le Peuple au devant de gros dangers. Par ce mot d’ordre, ces faux amis du Peuple semblent rejoindre les positions des forces révolutionnaires, en Particulier du PCT, et répondre ainsi au vœu et la volonté ouvertement exprimés des masses populaires. Mais ce n’est là qu’une apparence qui dissimule en fait leur totale irresponsabilité, et leur opportunisme. En effet, c’est un mot d’ordre lancé de manière bureaucratique et précipitée, par les tenants de la fameuse «CNS», ces Partisans de tractations au sommet avec le tyran, et qui jusqu’ici n’ont cessé de prôner la réconciliation, le «Grand Pardon» au bourreau ; des gens qui, au nom de la «non violence», de la «transition pacifique», ont par conséquent œuvré à désarmer le Peuple, à l’arrêter dans son élan révolutionnaire tout en légitimant et en confortant l’autocratie, en lui accordant un répit pour se ressaisir, sous les conseils notamment du sinistre Jean Colin, sous prétexte que le départ d’Eyadéma «créerait un vide politique», qu’il est «le seul à pouvoir conduire la transition démocratique». Position que leurs divers représentants et organisations (associations diverses, FAR, FOD…) ont toujours défendue, alors que le pouvoir autocratique n’a cessé de porter de mauvais coups au Peuple (tueries de Lomé, de Tsévié, cadavres de la Lagune…).

En lançant sans crier gare un tel mot de «grève générale illimitée jusqu’à la démission du Chef de l’Etat», nos «opposants» prennent soin d’assurer en même temps qu’ils sont prêts à arrêter le mouvement en cas d’accord sur la «CNS[27]». A l’évidence, les auteurs de ce mot d’ordre sont incapables de choisir entre une simple grève de pression sur l’autocratie et une grève de rupture, voire une grève insurrectionnelle. En fait, ce mot d’ordre n’est que le résultat de la surenchère de la couche supérieure de la petite-bourgeoise (qui selon sa tendance congénitale en présence), et de l’incapacité de la fraction non-au pouvoir à se démarquer franchement, à rompre radicalement avec la fraction de la bourgeoisie au pouvoir. Ceci ne peut que semer une dangereuse confusion au sein Peuple.

Les jongleries de ces bourgeois non-au pouvoir longtemps nourris pour la plupart au sein du réactionnaire Parti-Etat-RPT, s’expliquent par le fait que, loin de servir et de défendre le Peuple, ils ne visent qu’à profiter des luttes populaires pour se poser en «interlocuteurs valables» face à l’autocrate avec lequel les «rencontres se déroulent dans une atmosphère de courtoisie », et face à l’impérialisme. Leurs objectifs divergent fondamentalement de ceux de «la rue», de «l’opposition radicale» c’est-à-dire du Peuple travailleur et des jeunes, car eux ne visent que la satisfaction de leurs ambitions personnelles, égoïstes, et non la réalisation des justes aspirations populaires.

Le PCT a toujours clairement déclaré que le départ du despote Eyadéma et de son complice Améyi était un préalable à un processus de changement démocratique véritable, et que ce changement qui doit embrasser les structures politiques, économiques, sociales… du pays, ne se ferait jamais de façon pacifique. Tout en s’en tenant à cette position, le PCT réaffirme avec force que la tâche primordiale de l’heure c’est de travailler à réunir les conditions de ce changement, ce qui passe par le renforcement des organisations démocratiques et révolutionnaires des masses, lesquelles sont seules à même de réaliser ce changement en leur propre faveur.

C’est pourquoi le Parti Communiste du Togo appelle les travailleurs et le Peuple à redoubler de vigilance, à se démarquer de ces faux amis qui maintenant qu’ils sont dans l’impasse, veulent les entraîner à leur suite. Ils les appelle à se joindre à lui, à rallier leurs organisations de lutte pour renforcer le juste combat pour la démocratie véritable, et à s’opposer aux ingérences des puissances impérialistes dans nos affaires intérieures, et à toute tentative putschiste, obstacles à leur combat libérateur.

Lomé, le 2 juin 1991

Le Parti Communiste du Togo (PCT)

L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS, OBSTACLE PRINCIPAL AU SALUT DE NOTRE PEUPLE ET DE NOTRE PAYS

La nature d’un pouvoir est déterminé par la base économique. Et dans tout pays, le pouvoir appartient à ceux qui détiennent les moyens de production. Seule cette méthode d’analyse permet d’avoir une juste vision des choses et des phénomènes, de ne pas s’écarter de la réalité objective, du concret, et de comprendre les événements, les faits marquants, bref la vie de notre pays.

Ainsi, que ce soit l’exploitation des ressources minières, des forêts et eaux, que ce soit le commerce intérieur et extérieur ou les banques et les P.T.T[28] ou l’agriculture, voire l’industrie ?!, en un mot tous les secteurs-clés de l’économie, de la finance (même la frappe et le contrôle de la monnaie du pays) et même les moyens de la circulation des marchandises sont le monopole soit exclusif ou hégémonique, soit Partiel de la France. Si l’on ajoute le fait qu’elle a aussi la main-mise sur l’Éducation, le Culturel et l’Information, avec imposition du Français comme langue officielle, et surtout sur l’Armée et la Police de notre pays, il va sans dire que le véritable maître du Togo, celui qui détient le véritable pouvoir au Togo, c’est la France impérialiste.

C’est elle qui fait et défait les gouvernements de notre pays, ce depuis notamment 1963 avec la liquidation physique du premier Président de la République, Sylvanus Olympio, par le barbouse français Maîtrier, par et pour le compte de la France. On se souvient encore de l’intervention directe de l’ambassadeur de Fran,ce au Togo, Claude Rostan, dans le mouvement putschiste du 21 novembre 1966 pour en changer le cours, changeant ainsi le cours de l’Histoire, une fois de plus, de notre pays.

Au Togo, créées à Partir de 1963, par la France, les FAT restent encadrées, sur le plan militaire, technique, politique et idéologique, par cette dernière: les instructeurs, que ce soit au FAT, à la gendarmerie, à la police, restent français. C’est ainsi qu’on a aperçu à plusieurs reprises durant l’effervescence du mouvement insurrectionnel populaire d’octobre-novembre 90, plusieurs hélicoptères conduits par des Blancs, tirer sur les masses. Le conseiller militaire du Président de la République reste toujours un Français. Les FAT restent toujours placées sous contrôle français avec l’équipement essentiellement français. C’est l’armée française qui a le vrai contrôle sur le plan militaire dans le pays. Toutefois, cet assujettissement du Togo à la puissance impérialiste française, qui jouit toujours d’un poids politique dominant, reste toujours de plus en plus concurrencé par les autres impérialismes européens, allemand principalement, américain…

Toutes ces puissances impérialistes, française Particulièrement, ne trouvent pas intérêt à voir nos pays (qu’elles dominent et exploitent férocement déjà) se développer même sous la forme capitaliste : elles préfèrent les conserver comme source de matières premières et de main-d’œuvre bon marché, et comme consommateurs, débouché de leurs produits (de leurs surplus). C’est pourquoi elles découragent toute initiative nationale, bloquent et éliminent le capital national tant public que privé, dans tous les secteurs vitaux et rentables, nous confinent dans un sous-développement chronique. Elles sont aidées dans cette tâche anti-nationale par les bourgeoisies bureaucrates et compradores locales, apatrides et serviles à leur service.

Avec l’impérialisme, c’est l’arriération et l’archaïsme qui se perpétuent. Et ainsi, les travailleurs de notre pays continuent de souffrir triplement: non seulement de la domination, de l’oppression impérialiste, et de l’exploitation capitaliste, mais aussi du développement bloqué, insuffisant du capitalisme.

Voilà pourquoi, par sa place et son rôle, la France impérialiste constitue un frein au développement industriel de notre pays, un obstacle au progrès économique et social (de notre avancée et de la modernisation de la société), obstacle qu’il faut sauter pour la promotion de la production nationale tant agricole qu’industrielle, fût-elle capitaliste, pour le devenir et la grandeur de la patrie, pour l’épanouissement du génie créateur de notre Peuple et du Savoir.

Mais voici qu’au moment où le Peuple insurgé revendique la souveraineté véritable, l’indépendance effective, et la liberté politique la plus complète pour bâtir un Togo nouveau, moderne, qui passe par la prise du pouvoir par les travailleurs salariés, après le renversement du pouvoir autocratique, la destruction de l’appareil d’Etat néo-colonial ; voici, disions-nous, que les FAP, aveuglés par l’apatridie et leur servilisme à l’égard de l’impérialisme, et feignant de ne pas comprendre que l’impérialisme notamment français n’a jamais aidé et ne pourra jamais aider les Peuples à se libérer (à sortir de son joug) et à se développer véritablement, chevauchent à bride abattue, le processus de CNS. Une CNS inspirée, organisée, financée, supervisée par la France, comme on le sait, ce palabre d’intellectuels en délire et en service commandé.

C’est pourquoi, plus jamais de ces Togolais apatrides, mercenaires, agissant pour le compte d’une quelconque puissance étrangère, contre l’intérêt supérieur de notre Patrie, contre sa souveraineté. La France, comme tous les autres impérialistes, quand elle intervient dans nos affaires, comme on le constate présentement avec notamment les fébriles activités du gouverneur-ambassadeur Delaye, dégoûtantes, révoltantes pour tout patriote, insultantes pour notre Peuple, d’ingérence crapuleuse dans les affaires togolaises, en violation de toutes les conventions internationales, parle ou de «civilisation» ou de «stabilité politique», de «paix» ou de «démocratie», de «droits de l’homme».

Alors qu’en réalité, ce qu’elle vient sauvegarder, ce sont ses intérêts. Et pour ces intérêts, elle est prête: -à fabriquer de toutes pièces, à soutenir, protéger un dictateur assassin, fasciste comme Eyadéma, qu’elle a déclaré à maintes reprises pour loyaux services, son favori, contre le Peuple ; quitte au besoin à débarquer dans notre pays ses troupe militaires pour officiellement «protéger les ressortissants français» non menacés comme on le sait ; -à faire assassiner, massacrer le Peuple; -à tuer un Président de la République régulièrement élu par son Peuple, non fidèle, docile, pas complètement acquis à elle, comme Sylvanus Olympio; -à organiser des coups d’Etat contre des régimes ou mouvements qui ne lui sont pas favorables comme en 1963 et le 21 novembre 1966 notamment ; -à opposer les Peuples entre eux, et profiter des guerres intertribales, interrégionales pour vendre ses armes et imposer ses volontés, ses pions.

C’est la France impérialiste qui organise et dirige les services spéciaux de renseignements et de torture dans notre pays jusqu’aujourd’hui. Ses conseillers techniques, placés à tous les postes-clé du pays sont les véritables maîtres chez nous et ont accès à tous les dossiers, les connaissent, les maîtrisent mieux que les autorités en place, leurs homologues togolais, hommes de paille d’ailleurs. Les dossiers et autres plans sont conçus par la France.

La France piétine et assassine notre Peuple. C’est pourquoi, la lutte contre l’autocrate sanguinaire Eyadéma doit être liée étroitement à celle contre l’impérialisme français en Particulier, au combat contre les criminels agissements des impérialistes notamment français, contre notre Peuple et notre patrie, agissements contraires à la démocratie. Et que tous les fils du Peuple insurgé doivent s’opposer et combattre l’interventionnisme sous toutes ses formes et d’où qu’il vienne, le fameux «Droit d’ingérence humanitaire». Il est plus que nécessaire alors de dénoncer et de combattre ouvertement et fermement l’impérialisme français et tous ses valets et agents. Il est indispensable de dénoncer et de combattre les opportunistes et l’ensemble des FAP qui sont les agents et appuis des tactiques impérialistes au sein des masses.

Le Parti Communiste du Togo

Lomé, le 8 août 1991

PUTSCH MANQUÉ OU DÉMONSTRATION DE

FORCE ET INTIMIDATION ?

Des militaires putschistes viennent par deux fois d’occuper la radio et la télévision nationale. Ils ont ouvertement défié le gouvernement de transition, exigé sa démission ainsi que la dissolution du HCR, mis en cause les récentes nomination à la tête des FAT, et réaffirmé bruyamment leur fidélité à l’autocrate Eyadema, la calamité nationale. Puis sur invitation de ce dernier qui à cette occasion, montrait une fois de plus qu’il était le véritable chef de l’armée, mais face surtout à la mobilisation de la «rue», du Peuple qui n’a pas hésité, une fois encore, à les affronter au prix de plusieurs morts et blessés, ils ont regagné leurs casernes. Ainsi une fois de plus le sang du Peuple a coulé ! Mais notre Premier Ministre, pourtant Ministre de la défense, n’a «souverainement» inquiété aucun de ces massacreurs.

Tout ce qu’il a trouvé de mieux à faire, c’est de proposer une commission d’enquête parlementaire. Encore une ! Pour situer les responsabilité de ces nouveaux massacres va-t-elle finir comme les précédents ? Ou les dirigeants du gouvernement de transition vont-ils cette fois-ci châtier les coupable, ou une fois encore enterrer cette affaire au nom de «réconciliation nationale» et les bla-bla à effets du genre «le sang ne doit pas couler sur la terre de nos aïeux», «patience, 9 mois ce n’est pas long… Eyadema a déjà perdu tout le pouvoir!» ? Alors qu’il est clair comme nous le voyons tous que rien d fondamental, suite à fameux CNS n’a changé, et que le despote sanguinaire Eyadema est toujours là, ainsi que son système, tous ses hommes, tout son arsenal de répression contrôlant l’essentiel du pouvoir, narguant de surcroît tout le monde. Comme on le sait, le propre des libéraux, c’est de tergiverser indéfiniment et continuer de vendre chaque jour la révolution, les acquis du Peuple, jusqu’au jour où ils finissent par se vendre eux-mêmes et se faire massacrer.

Ils est vrai que contre toute vraisemblance, Koffigoh s’accroche à la version qui attribue le coup de force seulement à quelques militaires rebelles commandés par le sinistre Djoua, récemment «démis» de ses fonctions de commandant de la FIR (force d’Intervention Rapide), et qui aurait agi de son propre chef. Mais à qui ferait-on croire qu’un affidé du despote, tel Djoua ait pu prendre une initiative aussi grave sans avoir reçu le feu vert et des assurances ? Qu’un officier sans commandement ait pu donner et faire exécuter ses ordres sans rencontrer de résistances ? Mieux, une demi-heure après l’ordre donné par le Premier Ministre de «mater les rebelles», c’est au tour des «bérets verts» de défier eux aussi le gouvernement, en venant occuper la radio et la télévision nationale. Garde présidentielle qu’il avait pourtant déclarée dissoute !

Par ailleurs, l’objectif de ces militaires putschistes ne semble pas être la prise du pouvoir d’Etat; en effet, après avoir exigé la démission du gouvernement, ils n’ont pas cherché à se saisir des Ministre, ni à investir les postes stratégiques. Tout cela ressemble fort à une manœuvre d’intimidation doublée de provocation. Il ne fait aucun doute que le commanditaire de ce coup, le chef d’orchestre n’est autre que l’autocrate Eyadema lui-même. Et que son absence de Lomé durant les évènements rentre dans la tactique qu’on lui connaît depuis longtemps: celle de s’éloigner pour jouer les innocents, lorsqu’il prépare un coup tordu contre le Peuple.

Le but poursuivi par cette manœuvre est clair: montrer et confirmer que c’est lui le véritable maître de la situation, que c’est lui qui contrôle l’armée, que les décisions de la CNS n’ont aucune prise sur lui, et qu’il peut en disposer comme il l’entend ; signifier que personne ne mérite mieux que lui d’être à la tête de l’Etat pendant la période de transition et même au-delà, parce que seul à même de « calmer l’armée », de lui faire entendre raison et d’éviter ainsi la «guerre civile». Par conséquent obliger le HCR à réviser la copie de la CNS, plus précisément les dispositions à l’écarté du pouvoir, à empêcher sa candidature aux prochains élections présidentielles. Ainsi Eyadema continue dans son attitude de défiance qui a été la sienne face à la CNS. Il tient une épée de Damoclès suspendu au-dessus du gouvernement de transition et du HCR qu’il tient en otage : telle est la signification de ce dernier coup monté par l’autocrate Eyadema, et dont le Peuple a encore fait les frais. Ces événement tragique confirment hélas, nos analyses et nos craintes.

En effet, depuis qu’il s’est mobilisé pour défendre dans la rue, affronter la machine de répression autocratique le Peuple togolais n’a cessé de montrer la voie pour conquérir et défendre la liberté et la démocratie, prouvé que la meilleure défense, c’est l’offensive sans répit contre le pouvoir oppresseur. Et précisément le Peuple, par sa lutte incessante, et ses sacrifices, avait acculé l’autocratie à la défensive, terrassée, vaincue. Mais alors qu’il ne restait plus qu’à lui porter l’estocade finale, en portant la lutte populaire à un degré supérieur, les faux amis du Peuple que sont les Agboyibo, les Kodjo, les Koffigoh, les Gnininvi, par leur recherche constante du compromis avec l’autocrate, se sont évertué à fournir à celui-ci l’occasion, le répit nécessaire pour se ressaisir, pour se remettre en selle et porter de nouveau coups contre le Peuple.

Telle a été la politique de la bourgeoisie libérale et de la petite bourgeoisie intellectuelle depuis le FAR, et cette politique a reçu sa consécration à la CNS, placé sous le signe de la Bible et du Coran, du grand pardon, de la «réconciliation entre tous les Togolais», c’est à dire entre oppresseurs et opprimés, entre bourreaux et victimes. Eyadema est entrain de démontrer une fois de plus ce à quoi aboutissent de telles illusions. Sous prétexte «d ‘éviter la guerre civile, les affrontements tribaux », les faux amis du Peuple ont permis à l’autocrate de reprendre des forces, d’accroître sa capacité de résistance, donc à préparer et à déclencher cette guerre civile qu’ils prétendent éviter, mais dans des conditions moins favorables pour le Peuple.

Au moment où nous mettons sous presse, nous venons d’apprendre, par la bouche de Gnininvi, que le gouvernement était au courant, deux jours auparavant, de cette tentative putschiste. Si tel est le cas, alors une question se pose: pourquoi, faute de pouvoir prendre des mesures préventives, parce que ne disposant d’aucune autorité réelle sur l’armée, le Premier Ministre n’a-t-il pas au moins alerté le Peuple, pour ce dernier puisse se préparer, prendre des précautions ? Illustration vivante, une fois de plus, de l’indifférence de ces bourgeois et petit-bourgeois quant au sort du Peuple. Mais le Peuple quant à lui, par sa prompte réaction, vient de montrer une fois de plus l’unique voie à suivre : à savoir qu’on ne peut venir à bout de plus de 23 ans de pouvoir aussi fascisant que celui du despote Eyadema par de simple lois, que les meilleurs lois restent des phrases creuses, si elles ne s’appuient pas sur les rapports de forces favorables, et que la liberté et la liberté et la démocratie ne se conquièrent pas par de simple décrets, mais par la lutte ferme, vigoureuse.

A l’instar de ce qui se passe à Haïti, ou l’armée duvaliériste «macoute» vient, par un coup d’Etat (septième en cinq ans !) de renverser un président démocratiquement élu, et de prendre le pouvoir, le Peuple Togolais ne connaîtra ni la liberté, ni la démocratie tant que l’appareil d’Etat autocratique ( avec ou sans Eyadema), ne sera pas détruit de fond en comble, et tant qu’on n’aura pas bâti sur les ruine de ce dernier un Etat nouveau, démocratique. Le PCT appelle le Peuple a continuer dans cette voie, à renforcer ses organisations, et à porter la lutte à des degrés plus hauts jusqu’à la chute de l’autocrate, condition préalable pour l’avènement d’une République Démocratique Moderne.

Lomé, le 1 octobre 1991

Le Parti Communiste du Togo

NON A TOUTE INTERVENTION ETRANGÈRE DANS NOS AFFAIRES INTÉRIEURES !

A BAS LA BANDE À GNININVI-KOFFIGOH ! !

Après avoir entrepris de désarmer le Peuple Togolais face à l’autocratie moyenâgeuse du despote Eyadema, de l’entraîner dans le bourbier d’une prétendue Conférence Nationale, Gnininvi, Koffigoh et leurs complices du HCR[29] s’apprêtent à franchir un pas de plus dans la trahison des masses populaires et du pays: ils veulent livrer ceux-ci aux affres d’une intervention militaire étrangère. La situation dramatique qui se développe actuellement chez-nous, avec les agressions répétées des mercenaires d’Eyadema contre le Peule, n’est que la conséquence prévisible et prévue de cette conférence néfaste. Depuis le début du mouvement insurrectionnel populaire, le PCT, rejoint dans ses analyses par de véritables démocrates, n’a jamais cessé de répéter qu’une telle assise, loin d’installer la démocratie chez-nous, n’était qu’une manœuvre planifiée par l’impérialisme français pour créer l’illusion du changement démocratique: changer afin que rien ne change, dans les néocolonies africaines, dans la dessein d’arrêter l’élan populaire dans sa marche en avant, de freiner le mouvement démocratique préjudiciable à ses intérêts, et de couvrir d’une façade démocratique les plans scélérats dressés par le FMI, la Banque Mondiale et les prédateurs internationaux contre les intérêts de nos masses.

L’expérience des autres pays, qui nous avaient précédés dans cette mascarade tragique, était on ne peut plus édifiante à cet égard. Par ailleurs l’attitude de l’autocrate lui-même tout au long de cette période tant avant pendant la CNS, ne laissait planer aucun doute sur les intentions : jamais il n’abandonnerait le pouvoir par la seule vertu du dialogue, du pardon, de la réconciliation et des cantiques, mais seulement contraint et forcé. Attitude somme toute logique, naturelle de la part de l’autocrate dont tout démocrate authentique se doit de tenir compte et qui doit qui guider toute lutte pour un changement démocratique réelle. Voilà pourquoi la solution ne pouvait résider que dans l’amplification de la lutte populaire, dans le renforcement des organisations du Peuple.

Telle a toujours été la position de notre Parti qui n’a jamais cessé de répéter à l’encontre des libéraux et des petit-bourgeois intellectuels opportunistes, que la construction, la loi la plus démocratique n’est qu’un chiffon de papier si elle ne s’appuie pas sur un rapport de force favorable déjà établi dans la pratique. Il s’est pourtant trouvé des gens, tels les Agboyibo, les Gnininvi et autres Kofiigoh pour se faire des complices et les exécutants de cette manœuvre de l’impérialisme français. Leur prétexte est bien connu: «éviter la guerre civile, et les affrontements tribaux…». C’est sous ce prétexte que ces faux amis du Peuple, pressés d’aller à la soupe, de partager le pouvoir avec l’autocrate, sont allés de dialogue en compromis, en compromission et en Parties de champagnes avec ce dernier, pour aboutir à cette néfaste conférence de la trahison, en passant par le FAR, le COD et autres FOD. Tandis qu’Eyadema, quant à lui ne perdait pas son temps, et profitait du répit pour renforcer sa machine de répression pour multiplier ses atrocités contre le Peuple (cadavre de Bè, de Tsevié, de Vogan, de Mango). Ainsi après 52 jours de conférence où ces gens se sont gargarisés de mots, que constate-t-on ? l’autocrate garde la haute main sur l’armée et donc sur le pouvoir, et peut ainsi jouer au chat et à la souris avec un gouvernement de transition sans autorité réelle, incapable de faire exécuter ses ordres ; il continue de frapper les masses populaires pour tenter de leurs reprendre les libertés si chèrement conquises par la lutte. Par deux fois en moins de huit jours, celles-ci sont victimes des agressions de la soldatesque d’Eyadema, auxquelles elles ne peuvent opposer que leur courage, leur détermination et leurs poitrines nues.

Le sang continue de couler, mais c’est le sang du Peuple et non celui des faux amis; et la guerre civile que ceux-ci prétendaient éviter, n’a jamais été aussi menaçante, aussi présente, mais dans des conditions de plus en plus difficiles pour les masses populaires, parce qu’on n’a pas cessé de le désarmer, illusionner, désorienter… Et quand le Peuple réclame des armes, nos «opposants» restent sourds, terrorisés. La responsabilités des Gnininvi, Agboyibo, Koffigoh et consorts dans la situation tragique et inquiétante est lourde. Et ils devront en rendre compte de l’Histoire. Et quand un Gnininvi ose reconnaître publiquement que «la population n’a jamais demandé une conférence nationale, elle exigeait le départ du chef de l’Etat», après tout ce qu’il a fait, il ne fait que se révéler tel qu’il est: un véritable danger pour le Peuple Togolais que lui et les animateurs de la CNS prétendent représenter.

En appelant l’intervention militaire étrangère pour sortir de l’impasse où ils se sont mis et pour les défendre contre l’autocrate, nos libéraux et petit-bourgeois intellectuels opportunistes confirment une fois de plus leur nature apatride, étrangère à toute dignité nationale, à toute idée de souveraineté nationale. Et pour confirmer ce fait, voilà qu’ils commencent à hanter les couloirs des ministères français, chacun cherchant à mieux se vendre à l’impérialisme français, à se présenter comme son meilleur serviteur, le meilleur garant de ses intérêts chez-nous. Car pour eux, c’est naturellement de Paris que doit se décider leur éventuelle accession au pouvoir, et non à Partir du Peuple Togolais. En appelant l’étranger à leur secours contre une «poignée» (une douzaine, ou une demi douzaine selon leurs dires), nos «opposants» ne sont pas tellement différents de l’autocrate Eyadema, lorsque celui-ci appelait l’armée française à son secours contre quelques dizaines de putschistes en septembre 1986. Car les uns et les autres ont peur du Peuple.

Et pourtant l’Histoire est là, qui montre qu’à chaque fois que l’impérialisme français est intervenu militairement chez-nous, cela n’a jamais été dans l’intérêt de notre Peuple, ni de notre pays, car il est l’ennemi principal de notre Peuple. Souvenons-nous: quand l’impérialisme français menaçait d’envoyer des troupes chez-nous en novembre 1966, c’était pour protéger le pouvoir bicéphale Grunitzky-Méatchi, vomi mis à mal par les masses populaires ; quand en septembre 1986, il a fait débarquer des parachutistes dans notre pays, c’était pour voler au secours de l’autocrate Eyadema contre une tentative de putschiste.

Partout, l’Histoire et l’expérience des Peuples du monde montrent que la démocratie dans un pays est avant tout l’œuvre du Peuple de ce pays, que celle-ci ne saurait en aucune manière être garantie par des canons étrangers. Et ceux qui veulent nous faire croire que l’impérialisme français, qui a protégé le bourreau de notre Peuple pendant un quart de siècle, puisse intervenir aujourd’hui chez-nous pour des objectifs démocratiques, comme Gnininvi, Koffigoh et consorts, sont soient des ignorants, soient des agents de l’impérialisme français. En tout cas, ils doivent être démasqués et combattus. Une intervention militaire étrangère ne renforce pas seulement l’asservissement de notre Peuple et de notre pays ; elle risque de provoquer d’autres interventions à l’appel d’Eyadema, et ainsi de transformer notre pays en un second Liban en un champ d’affrontement de forces étrangères, avec des conséquences désastreuses pour notre Peuple.

Voilà pourquoi le PCT tient à dénoncer l’appel de Gnininvi, de Koffigoh et du HCR, comme une trahison des intérêts de notre Peuple et de notre pays. Une trahison de plus ! Pourtant il existe une possibilité de s’en sortir, de vaincre l’autocrate et sa clique. Cette possibilité se fonde sur la confiance dans notre Peuple et en sa capacité révolutionnaire. Il suffit en effet que celui-ci renforce son organisation pour porter la lutte à un degré supérieur ; que les Comité d’Action se renforcent ou se créent partout dans tous les secteurs, de la production, de l’administration, des écoles… ; que ces C. A. coordonnent leurs actions que se mette en place une vaste coordination démocratique des masses pour porter plus en avant le mouvement et la lutte démocratique : ainsi se créeront les conditions d’une grève générale illimitée jusqu’à la chute du tyran et son système. Telle est la tâche à laquelle le Peuple doit attelé courageusement sans se laisser divertir par ces appels à l’étranger, mais en s’y opposant fermement.

Non à toute intervention étrangère dans notre pays !

En avant pour la grève générale illimitée, pour la démission immédiate

et inconditionnelle de la Calamité Nationale, le despote Eyadema !

Lomé, le 8 octobre 1991

Le Parti Communiste du Togo

NE NOUS LAISSONS PAS DÉSARMER !

NON A LA REMISE EN CAUSE DES LIBERTÉS CHÈREMENT ACQUISES !

Alors qu’une dizaine de fils du Peuple ont encore été assassinés, une cinquantaines blessés par les terroristes aux ordres du despote Eyadema, le gouvernement dit de transition vient de décider l’interdiction des manifestations de rue et la dissolutions des milices d’autodéfense. Devant la juste indignation soulevée par une décision aussi scélérate, le gouvernement parle maintenant de «l’ouverture d’une procédure judiciaire contre les auteurs de putsch, des actes de violence, de destruction et pillage, qu’ils soient civils ou militaires» ! Décision démagogique et hypocrite: comment admettre cette façon de mettre dans le même sac bourreaux et victimes présentés comme «pilleurs, casseurs, incitateurs de guerre civile entre sud et Kabye»,d’un côté, et putschiste de l’autre. Il est flagrant de voir combien, à la dignité des combattants de la liberté et de la démocratie pour le Peuple, s'opposent l’insolence, l’arrogance des FAT et de leur chef, le despote Eyadema n’ayant rien perdu de leur pouvoir sanguinaire, de leur barbarie, de leur liberté de manœuvres meurtrières contre le Peuple et le pays.

Après avoir en vain tenté de bloquer par la CNS l’évolution positive du processus démocratique, populaire, Koffigoh, Gnininvi et le HCR avaient fait appel à une intervention militaire, étrangère, à la France plus Particulièrement, dont on sait qu’elle ne va pas diriger ses armes contre ceux qu’elle-même a placés au pouvoir, qui l’ont servie et continuent de la servir. Entre le Pouvoir autocratique illégitime et décrépit d’Eyadema qui s’accroche, et celui légitime du Peuple, de plus en plus massif, entre l’ordre ancien autocratique en déconfiture, et l’ordre nouveau, démocratique qui grandit, on sait de quel côté se situent Koffigoh, Gnininvi et consorts... Le prétexte mis en avant pour justifier une telle mesure, celui d’éviter les affrontement inter-ethniques, ne résiste pas devant les faits. Que les militaires aux ordres de l’autocrates attaquent en civil «les Partisans de Koffigoh, provoquant la riposte de ces dernière», il ne s’agit là que d’affrontements politiques ; quand les masses populaires s’en prennent au fils d’Eyadema, elles visent moins les Kabye que l’officier tortionnaire, le bourreau, le chef d’un escadron de la mort.

A cela s’ajoute le fait que parmi les cibles des masses soulevées, en tant que hauts dignitaires du pouvoir autocratique et complice d’Eyadema, figurent des Minas, des Ewes comme Laclé, Agbétiafa, Améyi etc. Certes, dans un mouvement d’une telle ampleur, il peut se produire quelques (rares) cas de dérapage ; de caractère ethnique: un quart de siècle de pratiques régionalistes et ethni-centristes exacerbées, de régionalisme et de tribalisme érigés en système de gouvernement ne pouvait pas laisser de traces..., surtout dans un contexte où tant l’autocrate que certains Partisans de Koffigoh ont facilement recours à des provocations. Mais de tel dérapages, un vrai démocrate se doit de les stigmatiser, de les fustiger, de les combattre afin de renforcer la lutte, de la maintenir dans la voie juste. Mais Koffigoh et ses acolytes de la CNS et du HCR quant à eux, en prennent prétexte pour tenter de «casser» en fin l’ensemble du mouvement dont l’orientation générale fondamentalement nationale, démocratique, populaire, et progressiste demeure pourtant indéniable. Ainsi, au lieu de s’attaquer à la source, au maux, des malheurs du Peuple et du pays, nos CNSistes préfèrent s’en prendre aux victimes.

C’est que l’ordre est venu de «remettre de l’ordre», «d’en finir avec l’anarchie», de «rétablir l’autorité de l’Etat», c’est-à-dire l’ordre ancien, néocolonial. Et cet ordre émane des milieux d’affaires, de l’impérialisme qui ne veulent pas d’un pouvoir populaire c’est-à-dire que les masses prennent le contrôle de la gestion des affaires du pays. Et cet ordre va au-devant des propre préoccupations de nos libéraux et petit-bourgeois intellectuels opportunistes qui n’ont jamais caché leur crainte face au «pouvoir de la rue», face au Peuple en lutte. Pour ces faux amis du Peuple, le mouvement populaire n’était utile que dans la mesure où il pouvait leur servir de tremplin pour négocier des compromis avec le despote Eyadema, afin de partager avec lui. Ils n’ont jamais vu d’un bon œil son développement, encore moins son développement autonome. Ainsi s’expliquent les mises en garde qu’ils n’ont cessé de lancer, l’épouvantail de «la guerre civile et des affrontements tribalistes» qu’ils n’ont cessé de brandir ainsi que leurs appels incessants à «la paix sociale», de «paix civile», de «trêve sociale» tant avant, pendant la CNS. Ce qui n’a d’ailleurs pas empêché les travailleurs de poursuivre à juste titre leurs luttes revendicatives; au Port autonome de Lomé, à la sucrerie d’Anié...

Ayant accédé au pouvoir néocolonial, voilà nos libéraux et autres petits-bourgeois opportunistes qui parlent déjà de punir les auteurs de graffitis, et réclament une police forte. Ils ont en effet besoin de «paix sociale», c’est à dire de la soumission des travailleurs et du Peuple, parce qu’ils se savent dépourvues de politique de rechange. ou plus précisément, parce que derrière la façade démocratique qu’ils affichent, ils n’ont pour programme politique que celui déjà appliqué par le pouvoir Eyadema, c’est à dire le PAS et la ZFI élaborés par les grands prédateurs internationaux. Cette politique qui n’a causé que ruine, misère et désolation pour notre Peuple, avec son cortège de licenciements, de chômage, de braderie du patrimoine national... Politique déjà rejeté par les masses et contre laquelle celle-ci se sont soulevées.

Le Peuple a le droit légitime de mettre hors d’état de nuire les terroristes, de châtier les assassins de ses fils, puisque la CNS et le gouvernement dit de transition ne veulent pas et ne peuvent pas le faire. C’est par la lutte, en descendant dans la rue, que nous sommes en train de conquérir nos droits. C’est seulement par la lutte, concrète, et notamment par notre organisation que nous pouvons, non seulement préserver, défendre, mais aussi élargir ces droits. Renforçons et défendons par conséquent nos organisations populaires de luttes, nos Comités d’action, nos Comités d’Autodéfense, et opposons-nous à toute mesure d’interdiction car ils constituent les seules et véritables garanties de nos droits légitimes !

Débarrassons-nous de toute illusion sur les Koffigoh, Gnininvi, et consorts qui à peine installés au pouvoir, cherchent à nous priver de nos acquis si chèrement conquis. ! ! !

Le Parti Communiste du Togo s’élève contre ces mesures scélérates et appellent les masses populaires à s’y opposer fermement, à ne pas céder aux injonctions répressives ! Le droit de manifester fait Partie de nos droits démocratiques les plus élémentaires. C’est un droit sacré conquis au prix de notre sang, défendons-le, et ne le laissons pas piétiner par Koffigoh et ses complices !

Lomé, le 10 octobre 1991

Le Parti Communiste du Togo

OUI A LA GREVE GENERALE ILLIMITEE.

POUR LA DEMISSION D’EYADEMA !

NON A CETTE MASCARADE DES FAUX AMIS DU PEUPLE !

Après avoir bradé, trahi, par leur politique de compromission continue avec l’autocrate Eyadema, les intérêts du Peuple et de la Jeunesse insurgés ; après avoir enlisé la lutte populaire dans le bourbier de la «Conférence Nationale Souveraine», ce traquenard dressé par l’impérialisme français avec leur complicité, Ed Kodjo, Agboyibo, Gnininvi, Ayéva et consorts, ces faux amis du Peuple, s’apprêtent maintenant à lancer ce dernier, sans aucune préparation, dans l’aventure d’une certaine grève générale illimitée. Une fois de plus, ils ne font que démontrer leur opportunisme puant de sapeurs pompiers de la lutte, et des justes et légitimes aspirations de notre Peuple. On se rappelle en effet, qu’au moment où, assailli par la montée impétueuse du mouvement insurrectionnel populaire, le pouvoir autocratique du despote Eyadéma était affaibli, terrassé, que l’autocrate lui-même était K.O. debout, et que les perspectives d’une grève générale illimitée se présentaient sous un jour le plus favorable et le moins douloureux pour le Peuple, ces faux amis du Peuple avaient rejeté et combattu ce mot d’ordre lancé par le PCT. Ils prétendaient alors qu’ils voulaient «éviter le risque d’affrontements», les «guerres tribales», «instaurer la démocratie par la voie pacifique, non violente, sans verser le sang togolais»: le sang a déjà trop coulé sur la terre de nos aïeux.

Mais voilà qu’ils s’emparent une fois encore de ce mot d’ordre de grève générale illimitée, et veulent s’en faire à nouveau leur cheval de bataille, mais d’une manière irresponsable et perfide qui leur est propre : c’est-à-dire dans le plus grand flou, et sans aucune préparation politique, idéologique, organisationnelle, sans direction conséquente, et ce, après avoir eux-mêmes, par leur politique traîtresse de conciliation, de «Grand Pardon», de compromission, permis à l’autocrate momentanément affaibli, de refaire ses forces, de se réorganiser. Mais que visent nos «champions démocrates» par un tel mot d’ordre ? «Le rééquilibrage du gouvernement», répond Edem Kodjo, leur porte-parole actuel. Il n’est pas question pour eux de satisfaire la revendication minimale toujours exprimée par le Peuple et Jeunesse: la démission immédiate de l’autocrate et le démantèlement de son système d’oppression. Il est encore moins question de demander des comptes à Eyadéma et à sa bande de profiteurs, de tortionnaires et d’assassins, et de leur faire rendre gorge. Ni de rejeter la domination des puissances impérialistes. Ni d’accepter le Contrôle de la Gestion du Bien Public par les travailleurs.

Il ne s’agit nullement de conquérir la démocratie pour les masses populaires, mais de la poursuite de la même logique propre aux faux amis du Peuple, celle qui consiste à se servir des légitimes aspirations populaires, à s’emparer de justes mots d’ordre, à les travestir, à les déformer dans le sens de leurs propres intérêts, pour aller négocier le partage du pouvoir néo-colonial avec le despote Eyadéma. Ce n’est sûrement pas par hasard qu’ils ont commencé par fixer la durée de cette grève «illimitée» à 7 jours. Ces 7 jours constituent un délai qu’ils veulent mettre à profit pour leurs tractations occultes et sordides avec l’autocrate de Lomé II. On voit aisément que tout cela n’est pas sérieux, et n’a rien à voir avec la véritable quête de la démocratie et de la liberté. Ce que veulent les Edem Kodjo, les Agboyibo, les Ayéva, les Gnininvi, et consorts, c’est la constitution d’un autre GUNT[30] où ils seraient plus largement représentés.

Ils se satisferont de ce résultat, et pour le reste, ils voudront bien se contenter, une fois de plus, de la parole et des promesses d’Eyadéma, dont on sait ce qu’elles valent. Qui peut, dans les conditions actuelles, accorder un quelconque crédit à une proclamation de l’autocrate sur «la neutralité de l’armée», une des revendications de cette «opposition démocratique» ? Il est en tout cas certain que, dès qu’ils arriveront à un nouvel accord avec cette Calamité Nationale, et que leurs maîtres impérialistes leur en intimeront l’ordre, ces faux amis du Peuple jetteront aux orties ce mot d’ordre et les masses. Décidément, les intérêts du Peuple et de la démocratie ne font pas Partie de leurs préoccupations.

Rappelons-nous: ce mot d’ordre de grève générale illimitée, repris par les mêmes déjà en juin 1991, n’a abouti qu’à cette funeste «CNS » dont nous n’avons pas fini de subir les conséquences néfastes. Car les affres (qu’a payées et paye notre Peuple au prix de tant de sang, de souffrances et de privations) de la situation présente découlent directement de cette foire de «CNS», et non principalement , encore moins uniquement de la «carence ou perfidie» d’un Koffigoh, vil et méprisable certes, un faux ami du Peuple sans conteste lui aussi. Exutoire et facile bouc émissaire pour les Partisans de cette funeste «CNS», Koffigoh ne constitue que l’arbre avec lequel ils tentent de cacher la forêt.

Face à cette situation, le PCT appelle le Peuple et la Jeunesse à renforcer leur vigilance pour ne pas se laisser abuser une fois de plus, et entraîner de nouveau dans une voie de garage. Il rappelle une fois de plus, que la condition indispensable pour la victoire sur l’autocratie réside dans l’organisation conséquente, en dehors et contre ces faux amis du Peuple et leurs maîtres et amis impérialistes, dans le refus et la rupture définitive avec le processus de ce marché de dupes que constitue cette perfide «CNS». Il invite par conséquent le Peuple et la Jeunesse: à renforcer partout, à la base et dans la lutte, leurs organisations démocratiques: syndicats, comités d’action…à en créer là où il n’en existe pas encore ; à intensifier la lutte revendicative, dans leurs unités de travail, dans les administrations, dans les établissements scolaires et universitaires, à la ville comme à la campagne.

C’est seulement de cette manière qu’avec le Parti, nous créerons les conditions d’une véritable grève générale illimitée, laquelle doit déboucher nécessairement sur la démission immédiate et inconditionnelle de l’autocrate Eyadéma, sa traduction devant le Tribunal du Peuple, et la liquidation complète de l’autocratie néo-coloniale.

Oui à la grève générale illimitée, bien préparée, bien organisée et conséquemment dirigée pour la démission de l’autocrate Eyadéma !!

Non à la grève comme simple moyen de pression pour négocier avec l’autocrate !!

Le Parti Communiste du Togo (PCT)

COLMAR NE CONCERNE NULLEMENT LE PEUPLE INSURGÉ QUI CONTINUE D’EXIGER LA DÉMISSION IMMÉDIAT ET SANS CONDITION DU DESPOTE EYADEMA

A cette conférence (la énième du genre depuis octobre – novembre 90) de Colmar ( France) les Faux amis du Peuple (FAP) terrorisés et leurs maître élyséen et allemand d’un côté, l’autocratie moribonde et ses suppôts français et africains de l’autre vont une fois encore de signer des accords qu’une fois sortie l’une des Parties va déchirer et jeter aux orties. Si les premiers sont pressés par le temps et appellent de leur vœu un coup de force venu de l’étranger contre le tyran Eyadema, les seconds jouent la montre dans l’espoir secret d’un appui plus consistant et énergique de ses suppôts français: la calamité nationale à la dérive, espère vivement un bouée de sauvetage.

Cette nouvelle tentative des impérialistes élyséen et allemand à Colmar pour «renouer le dialogue, la réconciliation entre les protagonistes togolais afin que le processus électoral reprenne et que la paix et la vie reprennent dans le pays» (dixit), cette nouvelle tentative disions-nous reste conforme à la logique et objectifs fondamentaux poursuivis contre notre pays et le Peuple insurgé, par ses ennemis.

Faut-il rappeler ici, que les FAP et l’autocratie moribonde sont d’accord pour imposer au Peuple insurgé des élection perfides (et c’est sur les modalités notamment le calendrier chronologique que les deux protagonistes divergent) pour casser le mouvement insurrectionnel, émancipateur en cour. Et qu’ils viennent par un référendum confus manipulatoire de lui imposer frauduleusement, massivement boycotter, une constitution anti-Peuple qui donne une base légale au prochain régime pour continuer sous forme apparemment «démocratique» la même politique, le même ordre néocolonial de pillage de notre pays, d’assujettissement et de piétinement du Peuple et d’aplatissement devant les puissances étrangères, de corruption.

On comprend aisément qu’à cette «table ronde» le Peuple toujours insurgé soit absent: depuis son insurrection il a toujours affirmé et maintien son opposition au dialogue et à la réconciliation à la compromission avec la calamité nationale dont il exige la démission sans condition et immédiate. (Malgré le climat de terreur accentuée, les massacres, le sang versé à flot de façon ininterrompue par les masses et multiples privations consenties par les masses), le Peuple insurgé toujours en grève générale, n’a mandaté personne pour aller le représenter à Colmar voire aller négocier en son nom ni avec l’autocratie moribonde ni avec les impérialistes.

Tout ce qu’il exige et pour lequel il poursuit avec abnégation la grève générale c’est la démission immédiate et inconditionnelle d’Eyadema et sa bande. Aucun appui extérieur aussi puissant soit-il ne peut sauver durablement le despote Eyadema, tant que le Peuple togolais est là, déterminé à en finir avec ce dernier et son régime. Le Peuple toujours insurgé et déterminé ne sent nullement concerné par cette table ronde de Colmar qui, du reste d’être un nouveau pis-aller. Le Peuple insurgé continue d’exiger la démission immédiate et inconditionnelle du tyran Eyadema. Pas de dialogue ni de réconciliation avec cette calamité nationale.

Le Parti Communiste du Togo

Lomé le 7 février 1993

POURQUOI LES LOMÉENS ONT DÛ QUITTER LEUR CHÈRE VILLE…

Les Loméens n’auraient pas dû évacuer, fuir la ville pour se réfugier, contre leur gré, à l’intérieur du pays pire se réfugier à l’étranger. Les 700.000 (Sept Cent Mille) Loméens n’auraient dû fuir devant la horde soldatesque barbare forte seulement de 12000 (Douze Mille) homme en arme. Abandonner ses chers, ses proches, ses biens, sa ville, voire sa patrie, la terre de nos aïeux, le principal champ de bataille, à ses ennemis. C’est une faute, c’est une faiblesse, nous nous devons de le reconnaître, non point pour nous lamenter, pleurer, nous apitoyer sur notre sort. Au contraire trouver rapidement notre faiblesse, notre faille dont l’ennemi a profité pour pousser une Partie des masses hors de chez- elle, hors du principal champ de bataille, en plein guerre.

Une fois la faille décelée (elle est évidente, saute à l’œil nu. Et nous ne devons point nous voiler la face) nous devons trouver sa source, ses causes.La force (certes relative puisque la rue , et les EKPEMOG ont pu, dans un premier temps, mettre en déroute) principale dont use le criminel tyran Eyadema, c’est sa milice les FAT bien structurée hermétique autour de la personne de Eyadema, difficile d’accès aux masses (aux fils du Peuple), à toutes les nationalités. Pas de service militaire c’est une armée de métier avec un recrutement sélectif très rigoureux, bien encadrée par l’impérialisme français. Dressée, chauffée à blanc de haine contre le Peuple. Devant un tel mur, le Peuple travailleur aurait dû, après un tel constat de longue date, envoyer certains de ses meilleurs fils à l’étranger, auprès de certains mouvement ou pays progressistes, acquérir la formation militaire, une science indispensable, qui lui fait tant cruellement défaut. Formation, qu’une fois de retour, ces envoyés transmettraient à son commanditaire, le Peuple travailleur.

Jusqu’à récemment, avant l’avènement heureux salutaire, historique d’EKPEMOG, l’idée d’une telle voie, l’idée de la nécessité d’usage de la violence révolutionnaire par le Peuple pour s ‘émanciper était difficilement envisageable : c’était un sacrilège d’en parler. Les masses étaient dominées, engluées par l’idéologie pernicieuse religieusement entretenue et inoculée aux masses par un immense, et monstrueux appareil de mensonge et de manœuvre savantes pour duper, du pacifisme béat, laissant «naïvement »à l’ordre oppresseur neocolonial le monopole de l’usage de la violence. L’ennemi, durant ces 30 dernières années notamment, ne s’en est pas privé; il en a largement usé et abusé cyniquement contre les masses sans armes, désarmées sur tous les plans.

Quant à l’art militaire, notre Peuple a, à sa disposition, un riche patrimoine tant national (les Konkonbas par exemple sont bien connus pour leurs maîtrise de l’art militaire) que mondial. Il ne suffit de s’y référer et de l’étudier. Un autre constat : Cette milice d’Eyadema est surarmée, sur-équipée. Ce qui pose au Peuple le problème de son équipement en armes. Voici cette autre important questions dont se servent les ennemis du Peuple pour intoxiquer, gruger davantage, désarmer ce dernier, le dissuader d’emprunter cette autre voie de son émancipation, l’usage de la violence révolutionnaire, l’insurrection populaire armée. En effet un difficile (pas impossible) à résoudre dans la préparation de l’insurrection c’est celui des armes. Il a une grande importance politique.

Le règne dictatorial de l’ordre néocolonial autocratique a, non seulement empêché le Peuple travailleur d’accéder à la formation et à l’art militaires, mais encore privé ce dernier de la possibilité de s’armer : le pouvoir autocratique Eyadema ne cesse de multiplier disposition, mesure de plus en plus fascistes, menaces, intimidations, chantages pour empêcher le Peuple d’acquérir des armes ; même la possession de fusil de chasse est interdite et sévèrement réprimée. Et pourtant, malgré ces difficultés réelles, ce problème n’est pas insoluble. Le principe de base c’est d’aller s’approvisionner chez l’ennemi. Pour ce faire, il suffit de créer les conditions appropriées.

Un tel principe la rue l’a, dans une certaine façon, spontanément expérimenté, vérifié. Mais l’appliquer prématurement maintenant, procéder dans l’immédiat, passer à la distribution des «AGBAVI[31]» , qu’on n’a d’ailleurs pas encore, ne servirait pas à grand chose et même desservirait notre cause. Ceci dit, pourquoi avoir si longtemps ignorer ou méprisé que la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autre moyens : la force, est de s’y préparer ? Pourquoi le Peuple a adopté en fait, (peu importe qu’il l’ait voulu ou non, qu’il en ait eu conscience ou non,) le point de vue de l’ordre oppresseur néocolonial criminel en place qui veut conserver de façon exclusive le monopole de l’usage de la force, de la violence pour résoudre en sa faveur les contradictions qui l’opposent au Peuple ? Pourquoi, écrasé depuis 1960, le mouvement démocratique a mis tant de temps pour renaître ?

Comment le PCT, né en 1980, qui jusqu’alors orientait, éclairait de la lumière ML[32], la voie du mouvement démocratique puis insurrectionnel s’est vite trouvé dépassé: sans capacité, la force et les moyens nécessaire pour être à la hauteur des exigences de l’heure : laissant le MIP à la dérive, entre les mains des FAP, ces loups dans la bergerie ?

Dans une telle situation, peut-on accuser les Loméens aujourd’hui de lâcheté parce qu’il ne redescendent pas dans la rue où cette fois-ci, ils sont certains à l’avance d’être défaits : de laisser imposer prématurément par l’ennemi un combat à armes inégale donc vouloir bêtement jouer à la chair à canon ? Sûrement que non ! ! ! Surtout quand on a en mémoire le rôle de Lomé avec sa rue, son EKPEMOG à l’avant garde du mouvement insurrectionnel populaire (MIP) actuel, ce depuis octobre-novembre 90.

Pour que les 700.000 Loméens ne fussent pas chassés par la milice de 12.000 fusils d’Eyadema, il aurait fallu, bien avant le 25 janvier, qu’ils fussent organisés conséquemment, prêts à dissuader cette horde sauvage, à lui tenir tête et même le courage, mais il leur manque l’organisation et une direction conséquentes. Aussi, dans ce combat à armes inégales, l’autocratie moribonde du criminel tyran Eyadema, ses maîtres et commanditaires français en Particulier, ont eu beau jeu de pousser dehors les Loméens; de vider la ville provocant un exode massif pour disperser le MIP à défaut de le briser; MIP qui par ses luttes empêche les compromis et la réconciliation, entre l’autocratie moribonde et les FAP, de se conclure. Une fois cette forfaiture accomplie, la capitale est transformée en une zone de no man’s land où les FAT tirent sur tout ce bouge, instaurent un état de siège et de terreur aveugle, pillent de façon éhontée, maisons, commerces, et magasins abandonnés, plongeant davantage le Peuple dans la désolation inouïe.

Où se situent les responsabilités pour de tels faits et situation ? Bref, il y a nécessité de tirer les leçons de ce passé récent. Non pour se culpabiliser mais pour trouver les sources de ces erreurs et faute passées, situer correctement les responsabilités et tirer les conclusions qui aboutiront inévitablement à la conclusion objective que le Peuple insurgé a bien choisi la voie la meilleur pour débarrasser notre pays de l’odieux ordre néocolonial autocratique du tyran Eyadema et de s’émanciper, pour conquérir et garantir la démocratie et la paix véritable. C’est quelques réflexions que nous vous convions pour un rapide et triomphal retour des Loméens pour qu’ensemble avec le Peuple insurgé conclure le MIP.

Lomé le 19 février 1993

Le Parti Communiste du Togo

ACCORDS DE OUAGA

ENTRE LES VALETS ET AGENTS DE LA FRANCE

Entre l’autocratie moribonde et COD2 : une péripétie, prélude…

Sous les injonctions de la France, ses poulains ont arrêté pour un moment leur lugubre et monotone pièce théâtrale qui finissait par lasser et dégoûter tous les spectateurs. De guerre lasse, ils font tomber pour un instant les rideaux, contents d’avoir tenu si longtemps leurs rôles respectifs, joué chacun sa Participation bien connue déjà par le Peuple Togolais qui n’est plus dupe. Pour ceux qui vivent et suivent attentivement la situation dans notre pays et connaissent ces piètres acteurs-là, la signature de ces accords dictés et rédigés par leur chef d’orchestre, la France, n’est point surprenante. Ce feuilleton indigeste et mal ficelé, à l’allure d’une série B dont on connaissait dès le début la fin, a assez duré.

Car rien de fondamental, de profond n’oppose effectivement ces partenaires : la clique autocratique fasciste au pouvoir et les faux-amis du Peuple (FAP) du COD2[33], tous appuis et agents de la France dans notre pays. Les uns sont pour le règne autocratique, les autres pour un régime oligarchique démocratiste afin d’être plus nombreux à continuer de bouffer sur le dos du Peuple et du Togo asservis par les puissances étrangères. Les premiers à crier fort victoire, c’est l’ambassadeur de France à Ouaga qui se « réjouit pour la France qui a œuvré à réconcilier les Togolais », et Blaise Compaoré ( !!). Tous s’applaudissent et s’embrassent à s’étouffer avant d’aller sabrer le champagne(comme après la signature des fameux accords du 12 juin 1991 du Gouverneur-Ambassadeur de France, M. Delaye).

On a vu des représentants du COD2, tout honteux et confus, reprendre précipitamment l’avion, fuyant la colère du Peuple Insurgé, pour d’autres cieux. Aussitôt RFI, la Voix de la France à l’étranger, leur tend généreusement ses micros pour crier plus fort Victoire (sur qui ? se demande-t-on), qui selon leurs déclarations ne serait la défaite ni pour le COD2 ni celle de l’autocratie moribonde vomie par le Peuple Insurgé (P.I.). Et comme, de bien-entendu, l’occasion a été donnée à cet autre garçon de course d’Edem Kodzo et le porte-voix de la France d’aboyer sur RFI[34]. Ce veule individu affamé d’Agbobli Joachim, maintenant bien connu du Peuple, s’est une fois encore permis de répéter, tout hilare, sur ces ondes que le COD2 serait la seule et unique force d’opposition (position de la France) et que les autres seraient de simples individus, des citoyens « libres d’approuver ou non ces accords puisque nous sommes dans un processus de démocratiques » ( ?) Ce publiciste du fasciste Savimbi d’Angola pourra aller encore toucher ses royalties auprès de des commanditaires.

Rappelons ici que, dans les années 70, lors de l’arrivée, pour ses études là-bas en France, du sinistre Natchaba Fambaré, directeur du cabinet puis actuel ministre des Affaires étrangères du tyran Eyadéma, c’était ce même Agbobli qui était Parti l’accueillir à l’aéroport, l’a hébergé chez lui pour l’introduire subrepticement dans le mouvement démocratique étudiant en France, AESTF[35] - UNETO[36] et FEANF[37], où Monsieur Natchaba a sévi. Avant d’arriver en France, ce triste individu était bien connu pour ses activités ordurières déjà à Abidjan et à Lomé. C’est ce même Natchaba qui fit arrêter et emprisonner ses propres camarades-copains (Looky S., Kuévi André, Adimado Martin…) en 1977 et en 1985 de Agbobli.

Lors de la Conférence Nationale, Natchaba déclarait avec assurance que ceux qui venaient leur dénoncer leurs copains, livrer leurs amis, étaient dans la salle ! A qui fait-il allusion ? Ces deux sinistres individus ne cessent, lors de leurs fréquentes rencontres notamment à Lomé II ou sur les plateaux de la RFI, de s’appeler mutuellement «cher ami». «A entendre Joachim parler on a envie de vomir», disent ses anciens copains. C’est ce même Agbobli qui se bat acharnement pour mettre en selle son patron Edouard Kodzo, vomi par le Peuple. On vous laisse le soin de situer quand Monsieur Agbobli Joachim s’est mis au service de la France. Sous tous les cieux, la pratique courante établie veut que ce soit les membres (les inscrits) de la commission qui se réunissent et élisent ou désignent leur(s) direction(s) ou responsable(s).

A la CNS, c’est le gouverneur-ambassadeur de France, Delaye, qui se permet d’imposer à la commission Armée-Défense Monsieur de Agbobli Joachim. Pourquoi ? La question de l’Armée est un point très sensible et délicat, surtout dans le dispositif du pouvoir néo-colonial mis en place au Togo depuis 1963 par la France. Le rôle que joue la milice (FAT) de Eyadéma dans la politique de la France au Togo est capital. Aussi, pour cette dernière, une telle question ne saurait être laissée entre les mains de quidam. D’où sa préférence, son choix d’un de ses plus serviles et zélés poulains sûrs, Agbobli Josaquim, ce cerbère de l’impérialisme français. On pourrait encore allonger la biographie lugubre de ce triste célèbre individu, mais passons.

Mais le Peuple Insurgé apprend à connaître ses ennemis et ses faux-amis. Il n’est plus dupe. Il ne se sent nullement concerné par ces accords qui non seulement sont loin de ce pourquoi il s’est insurgé depuis Octobre-Novembre 90, mais visent à l’asservir encore. Il ne veut plus de ces racailles qui ont pillé le pays, bouffé sur son dos et l’ont massacré à volonté. Qui de ceux qui ont versé leur sang, perdu des leurs, ont souffert et souffrent encore dans leur chair, leur cœur, de cet ordre barbare, odieux, criminel, accepterait de tels accords ? Qui accepterait d’aller à cette mascarade d’élections où lesdits vainqueurs «élus» sont déjà connus d’avance ? Qui du Peuple Insurgé accepterait que ceux-là de Ouaga III gouvernent encore le Togo ? Qui accepterait encore le règne de l’ordre criminel, anti-Peuple du tyran sanguinaire Eyadéma ? Personne. Alors, ces ennemis du Peuple Insurgé peuvent crier leur victoire. Ce pourquoi notre Peuple s’est vaillamment soulevé est là. Et lui et lui seul le résoudra. Ce n’est qu’une question de temps. Alors Peuple Togolais ressaisis-toi, continue de réorganiser conséquemment tes forces, comble tes faiblesses d’hier et reprends le mouvement insurrectionnel populaire là où on l’avait interrompu en Mai 91, pour le porter à son terme.

ne te concernent pas.

Lomé, le 11 juillet 1993.

Le Parti Communiste du Togo (PCT)

Encore plus d’une trentaine de personnes froidement massacrées ignominieusement et plusieurs autres jetées en prison par le criminel couple France-EYADEMA. Quand est-ce que la France finira-t-elle de faire couler, en toute impunité, le sang de notre Peuple, de torturer et de décimer aveuglement les masses populaires ? Pourtant les fameux accords de Ouaga III stipulent clairement que la France (avec le Burkina-Faso) garantit le cantonnement et la neutralisation des bêtes à tuer de EYADEMA -le-Sanglant, et qu’ensemble avec les «Forces de Sécurité Publique», la sécurité publique, la quiétude sera garantie et maintenue avant, pendant et après les élections. Alors pourquoi la France a laissé les sbires de son poulain EYADEMA : tirer pour abattre à Lomé 4 (quatre) Togolais, «armés par Dégli» provenant du Ghana ? massacrer froidement et sauvagement les 22 (vingt-deux) personnes parmi lesquelles plusieurs gosses, à Blitta, personnes qui exigeaient simplement le respect de leur droit de citoyen, le libre exercice du droit de vote à tous les ayant-droit, et l’arrêt de cette comédie d’élections-bidons de la France qui ne fait point mystère de son intention : réimposer au Peuple la Calamité Nationale, EYADEMA -Plusieurs autres personnes de cette localité grièvement blessées à cette occasion risquent de succomber d’un instant à l’autre à leurs blessures ? assassiner 4 (quatre) autres personnes arrêter et passer à tabac, torturer et emprisonner une quarantaine de personnes sans armes, à travers le Pays. Et cette liste macabre (œuvre du couple France-EYADEMA) n’est malheureusement pas encore close.

Voilà comment l’impérialisme français et cet autre obligé de EYADEMA, Blaise COMPAORE (dont on connaît, ô combien ! la conception et la pratique de la démocratie et des élections «équitables, transparentes, démocratiques, pluralistes, libres») ont rétabli et garanti la sécurité pour «ces élections libres transparentes et pluralistes» dans notre pays. Evidemment, cette France impérialiste n’a jusqu’ici soufflé mot et n’en dira sûrement rien sur ce qu’ils appellent couramment bavures en Occident. Et pour cause, elle les cautionne. Tant il est vrai que la vie des masses ne pèse pas lourd devant les intérêts du capital.

Voilà la nouvelle lourde «punition» (devenue rituelle) que la France impose une fois encore à notre Peuple insurgé toujours inflexible dans sa ferme volonté de chasser du pouvoir l’autocrate EYADEMA, son principal poulain à elle, qu’elle tient à y maintenir. En la matière les fameux accords de Ouaga III n’ont pas dérogé à la règle, à la pratique établie depuis octobre-novembre 90 qui veut que chaque entente autour d’un scénario pour un complot donné (toujours inspiré par la France et chaque fois rejeté par le Peuple insurgé) entre les FAP et l’autocratie criminel EYADEMA, soit chèrement payée par les masses populaires toujours debout, déterminées et vigilantes. On voit, si preuve en ait encore besoin, comment ces dits accords de Ouaga III constituent un nouveau complot de la France et de con COD2 contre le Peuple insurgé (PI) et comment les FAP du COD2 sont conçus pour jouer le rôle de pion de l’impérialisme français, de saboteur et de voyeur des luttes émancipatrices du Peuple insurgé.

Mais par son boycott total, actif, de cette mascarade ridicule d’élections made in France, le PI a montré une fois encore que, loin d’être écrasé, démobilisé par les mille et un privations, souffrances et sacrifices, qu’il endure depuis notamment bientôt trois ans, il reste debout ferme dans sa détermination à en finir avec l’ordre autocratique néo-colonial et le couple France-EYADEMA. Et qu’il n’entend nullement se laisser détourner de sa juste voie d’émancipation par un quelconque manœuvre de l’abominable trio France-EYADEMA et COD2. Par son boycott massif, total et actif, il a confirmé qu’il n’est nullement concerné par ces scélérats accords de Ouaga III provocateurs du trio infernal anti-PI[38] France-EYADEMA et COD2.

Les maigres illusions qu’on tentait de semer avec ces dits accords, le PI les a fait voler en éclats. Pour le Peuple Insurgé, il est révolu depuis octobre-novembre 90, le temps où le couple France-EYADEMA et ses FAT et RPT faisaient la loi dans notre pays : jamais plus rien ne sera comme avant ! Et le criminel couple France-EYADEMA ne dirigera plus le Togo. Plus que jamais la violence révolutionnaire, arme de l’insurrection est la réponse du PI à la violence réactionnaire et aveugle du couple autocratique France-Eyadéma. Pour le PI, il ne reste que l’usage de la Force, pour éjecter de la tête du pays ce coupe autocratique moribond, à bout de souffle, France-EYADEMA, pour mettre fin à ses crimes contre notre Peuple et notre pays. Ca l’ensemble de notre Peuple surtout sa jeunesse combattante en est maintenant conscient et convaincu. Il ne lui reste qu’à le réaliser pour :

La démission du despote EYADEMA !

La France hors du Togo et d’Afrique !

Lomé, le 29 août 1993

Le Parti Communiste du Togo (P.C.T.)

Peuple togolais n’abandonne pas ta juste voie

pour ton émancipation

Il ne faut que: la présente situation difficile, dure, dramatique, faite de grands sacrifices, de privations, d’attente inassouvie d’une prompte solution, d’impatience à voir enfin la fin du cauchemar ; vous sentant, à juste titre, laissés à vous-mêmes, tournant en rond sur vous-mêmes, inactifs, sans une perspective immédiate claire, sans mot d’ordre, sans directive mobilisatrice ; la peur du fusil, des sinistres sanguinaires du tyran criminel Eyadéma ou la hantise du sombre passé cauchemardesque, vous pousse jusqu’au désespoir, à accepter des solutions pires que ce que nous avons vécu, honni et combattu et même vaincu.

Ces élections sont un miroir aux alouettes, un nouveau piège qu’on vous tend pour vous gruger davantage. On veut vous entraîner, malgré vous, à aller : cautionner cette mascarade d’élections dont les résultats sont fixés d’avance et dont les objectifs sont loin de vos préoccupations, contraires à votre cause; servir de manœuvre pour légitimer ces prétendus futurs élus et surtout de couverture à un nouveau complot contre le Peuple insurgé et sa cause : pour s’opposer à son juste mot d’ordre plus que jamais actuel de « Eyadéma démission ! Vive le mouvement insurrectionnel populaire (MIP) ! ».

Voilà pourquoi vos ennemis et faux amis (FAP) coalisés à savoir, les différentes fractions de la haute-bourgeoisie et la couche supérieure de la petite-bourgeoisie intellectuelle opportuniste, toutes apatrides, et des appuis et agents dans notre pays de l’impérialisme, réactivent le toujours perfide processus de Grand Pardon et de Réconciliation, de la piteuse CNS, de compromis et maintenant de la parodie d’élections. Tout ceci pour empêcher le Peuple Insurgé de réaliser, de mettre fin à l’ordre autocratique néo-colonial et à la domination impérialiste sur le Togo.

Ces élections sont un piège car voter ce n’est pas jouer à la loterie, à un jeu de hasard. C’est un acte important, un geste politique devant engager votre sort et celui du pays. Et se posent les questions suivantes : voter pour qui ? Pour quel Parti (ici en l’occurrence club électoral) ? Quel Président avec quelle ligne, quel programme politique, quel projet de société ? Car, si l’on vote pour un Parti donné, c’est que l’on approuve ses options politiques, économiques et sociales, son programme ; c’est lui accorder sa confiance, c’est engager sa responsabilité. Et s’attendre en retour que cette confiance placée ne soit pas trahie et que son élu te rende régulièrement compte de ses actes durant son mandat.

Est-ce à de tels principes et conditions que vous convient les promoteurs et animateurs et autres soutiens de ces élections reconnues par tous comme très importantes ? Non ! Par ailleurs, quel pouvoir de contrôle avez-vous ou aurez-vous sur ces «élus» pour éviter qu’ils n’aillent aussitôt vendre au plus offrant leur mandat ? Aucun. D’ailleurs, tous ces éléments qui s’agitent, grouillent et grenouillent, se bousculent actuellement, vous les connaissez tous. Qu’est-ce qui les oppose fondamentalement, radicalement ? Rien. A qui parmi eux, à part quelques marchands d’illusions, pourrez-vous accorder votre entière confiance ? Qui pourra réellement vous sortir, effectivement, de l’oppression, des horreurs de l’ordre néo-colonial, source de tous vos maux ?

Pour un enjeu vital pour vous, vous êtes invités à compétir. Et vous vous apercevez de façon irréfutable que les dés sont pipés à l’avance en votre défaveur. Irez-vous quand même Participer à une telle compétition ? Sûrement que non ! Alors, pourquoi Participeriez-vous à cette mascarade d’élections-piège, opposées à votre cause, à celle pour laquelle vous vous êtes insurgés vaillamment depuis Octobre-Novembre 90 ? Vous les boycotterez !

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La milice pro-française et anti-Peuple, à savoir les FAT, restant toujours là, ainsi que tout le reste de l’appareil d’oppression avec cette «nouvelle» constitution apatride anti-démocratique (qui vous refuse, à vous Peuple, de vous insurger contre un pouvoir que vous jugez non conforme et opposé à vos intérêts, une fois que ce pouvoir est «légalement» établi suivant cette «nouvelle» constitution) ; bref, l’ordre néo-colonial toujours en place, une fois ces bouffeurs «élus» pour le gérer. De quel recours disposez-vous pour vous défendre ? Sinon de vous armer (notamment d’un peu de patience) pour balayer une fois pour de bon la source de vos malheurs.

Alors ne vous associez pas, ne Participez pas à cette mascarade électorale. Boycottez-la, pour reprendre dans de meilleures conditions et dispositions le MIP, l’unique voie d’émancipation et de conquête de la démocratie et de la paix.

Lomé, le 20 juillet 1993.

Le Parti Communiste du Togo (PCT)

[1]

[1] Congrès extraordinaire du PCT de Décembre 1996

[2]

[2] Rassemblement du «Peuple» togolais

[3]

[3] Renseignement Généraux

[4]

[4] Convention Démocratique des Peuples Africain

[5]

[5] Fond Monétaire International

[6]

[6] Confédération des Travailleurs du Togo

[7]

[7] Union des Femmes du Togo

[8]

[8] Union Nationale des Chefs Traditionnel du Togo

[9]

[9] Comité de l’Unité Togolais

[10]

[10] Justice ; Union ; Vigilance ; Education ; Nationalisme ; Ténacité ; Optimisme

[11]

[11] Union des Démocrates du Peuple Togolais

[12]

[12] Mouvement Populaire Togolais

[13]

[13] Union des Musulmans du Togo

[14]

[14] Bien que Abdoulaye Wade a remplacé Abdou Diouf à la présidence l'analyse reste valable.

[15]

[15] Comité d’Action

[16]

[16] Conférence Nationale des Forces Vives

[17]

[17] Forces armées Togolaise

[18]

[18] Plan d’Ajustement Structurel

[19]

[19] Zone franche industrielle

[20]

[20] Mouvement Insurrectionnel Populaire

[21]

[21] Organisation d’auto-défense

[22]

[22] Faux amis du Peuple

[23]

[23] Insurrection générale armée

[24]

[24] Indépendance et liberté

[25]

[25] Front de l’opposition «démocratique»

[26]

[26] Front des associations pour le renouveau

[27]

[27] Conférence Nationale

[28]

[28] Poste et Télécommunication du Togo

[29]

[29] Haut Conseil de la République

[30]

[30] Gouvernement d’union national de transition

[31]

[31] fusils

[32]

[32] MARXISTE-LENINISTE

[33]

[33] Coordination de l’opposition togolaise

[34]

[34] Radio France Internationale

[35]

[35] Association des Etudiants et Stagiaires Togolais en France

[36]

[36] Union Nationale des Etudaints du Togo

[37]

[37] Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France

[38]

[38] Peuple Insurgé