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                                       La Voie de la Liberté

La Voie de la Liberté

Organe Central du Parti Communiste Prolétarien de Côte d'Ivoire

COUP D’ETAT MANQUE TRANSFORME EN UNE REBELLION ARMEE

APPEL A LA RESISTANCE NATIONALE ANTI-IMPERIALISTE FACE A L’AGRESSION ARMEE CONTRE LA COTE D’IVOIRE, POUR DEFENDRE SON INDEPENDANCE ET SA SOUVERAINETE.

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, 4 à heures du matin, la Côte d’ivoire venait d’être l’objet d’une agression armée à travers un coup d’Etat manqué transformé en rébellion. Les arguments mis en avant par les tenants de cette agression sont des plus fallacieux, injustifiables et sans fondements.

  1. Il n’y a rien qui oppose objectivement chrétiens du Sud et musulmans du Nord..

La situation de la Côte d’Ivoire au plan économique, politique, social et militaire n’a rien à voir avec la religion . Elle n’est pas du fait d’un Nord musulman exclu des centres d’actions politiques et d’un Sud chrétien qui en détiendrait le monopole.. Cette situation ne relève pas non plus de la responsabilité des ouvriers, des paysans, ni des masses populaires des différentes régions de la Côte d’Ivoire, ni des ouvriers, des paysans, des artisans, des petits commerçants, des intellectuels bourgeois et petits bourgeois honnêtes des pays de la sous régions ; Burkina Faso, Mali, Guinée Libéria, Niger, Sierra Leone, Ghana, Togo, Bénin, qui vivent et travaillent en Côte d’Ivoire depuis des générations, participent à son développement économique social et politique, subissent au même degré que les ouvriers les paysans, les laissés pour compte ivoiriens, l’exploitation et l’oppression dans les usines, les entreprise, les plantations agro-industrielles, etc.appartenant aux grands patrons capitalistes ivoiriens, maliens, burkinabé, guinéens,..et aux firmes multinationales du capital financier qui ont investi en Côte d’Ivoire.

  1. La question de la disparité régionale Sud-Nord de la Côte d’Ivoire

Comme dans beaucoup d’autres régions, c’est la conséquence de l’inégal développement du capitalisme. En Côte d’Ivoire, c’est la conséquence de la politique de développement inégal des régions, voulue et entretenue par le régime politique de feu Houphouet-Boigny suivant que telle telle région (c’est-à-dire les bourgeois réactionnaires et les gros propriétaires fonciers) lui était favorable; politique de disparité régionale soutenue de tout temps par la France, ses réseaux financiers et occultes matérialisés par feu Jacques Foccard, politique que les héritiers d’Houphouet-Boigny ont poursuivi. Il n’y a rien de religieux d’exclusion des musulmans du Nord du pouvoir néo-colonial au profit des chrétiens du Sud.

3. Le problème de discrimination de l’exclusion de la xénophobie, du racisme de «l’ivoirité» et de la constitution à caractère raciste.

C’est en fait l’éclatement au grand jour de l’idéologie raciste d’extrême droite du vieux parti bourgeois autocratique de feu Houphouet-Boigny, le PDCI-RDA, resté à la tête du pays pendant plus de quarante ans. Ce parti se caractérisait notamment par un anti-communisme viscéral.. On se souvient des liens étroits qu’il entretenait avec le régime de ségrégation raciale (apartheid) d’Afrique du Sud, avec l’extrême droite française de Jean Marie Le Pen, de sa collaboration étroite avec l’UNITA anti-communiste de Jonas Savimbi, etc..

Houphouet-Boigny avait érigé l’ethnicisme comme arme de gouvernement, porté la pratique ethniciste à un degré inouï . Chef traditionnel de la nationalité Baoulé, il avait créé au niveau national, pour asseoir son pouvoir et celui de son parti le PDCI-RDA, un conseil des Chefs ethniques à la tête duquel il s’était placé en qualité de chef suprême. C’est sur la base des groupes ethniques que le PDCI-RDA d’Houphouet-Boigny ralliait à sa politique les chefs traditionnels quadrillait tout le pays du Nord au Sud, au Centre, d’est à l’ouest par les comités de village (ou ruraux) sur la base des ethnies existantes. La même structuration fut accomplie dans les quartiers des grandes villes. A Treichville, Adjamé, Abobo, on a les comités PDCI-RDA Bété, Baoulé, Agni, Sonoufo, Voltaïque, Malien, Guinéen, Attié, Appolo, Koyaka, Aboré etc. Il en a été de même au plan politique, dans l’administration, au niveau des organes étatiques de contrôle tels que la police, la gendarmerie, l’armée, la justice. C’est le vieux parti de la bourgeoisie agraire englobant en son sein toute la grande bourgeoisie ivoirienne, qu’elle soit originaire des régions du Nord, du Centre, du Sud, de l’est ou de l’ouest de la côte d’Ivoire, assurant plus de quarante ans l’hégémonie de cette classe sur la vie politique, économique, sociale et militaire de la Côte d’Ivoire, écrasant dans le sang et pour des décennies toute opposition sous la bienveillance de la France et de son armée stationnée à Port-Bouet qui a éclaté en plusieurs fractions pour donner les partis suivants :

  • le RDR: Rassemblement des Républicains, le parti de l’ultra libéralisme d’Alassane Ouattara, parti qui se situe au centre;
  • l’UDPCI : Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire du Général Gueï;.
  • le PDCI: le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, le vieux parti de feu Houphouet-Boigny.

Tous les dirigeants et hauts cadres de ces partis de la bourgeoisie ivoirienne ont, sans exception, assuré de hautes fonction au plan politique et économique au sein du vieux parti PDCI jusqu’à son éclatement en plusieurs fractions. Citons pour mémoire, en ce qui concerne ces bourgeois sortis du PDCI: Alassane Dramane Ouattara, musulman, ressortissant de Kong dans le Nord, ancien membre du Comité Central et du Bureau Politique du PDCI, Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement formé par lui, le 30 novembre 1990, bourgeois argenté, multimilliardaire; Henriette Diabaté,: ministre de la Culture dans le gouvernement Alassane Ouattara, actuelle Secrétaire Générale du RDR. Elle est du «Sud» «chrétien»,mariée à un musulman du «Nord». Elle est ancien membre du Bureau politique et du Comté Central du PDCI.; Fologo ancien Secrétaire Général du PDCI toujours membre de ce parti, originaire du «Nord»; Feu Balla Kéita, passé à l’UDPCI du Général Gueï etc.. Ces dirigeants ont donc hérité de cette idéologie ethniciste, raciste qu’ils continuent de d’utiliser dans leurs rivalités pour la course au pouvoir néo-colonial. Avec en plus le concept d’« ivoirité », qui n’est en fait qu’un aspect de cette idéologie nauséabonde.

4 Les limites du leader de la refondation FPI

Quant au nationaliste petit bourgeois Laurent Gbagbo, l’actuel président de la république de Côte d’Ivoire, il apprend à ses dépens qu’il est pratiquement impossible d’acquérir l’indépendance de son pays au plan politique, militaire, pratiquer une politique sociale en faveur des masses, sans toucher aux intérêts des puissances impérialistes dans son propre pays.

En nationaliste petit-bourgeois réformiste qu’il est, Gbogbo veut améliorer la situation des masses, leur assurer un minimum de bien-être: sécurité sociale, généralisée, gratuité de l’école et des livres scolaires, fond de garantie de plus de 10 milliards CFA. Mais ce bien-être, il prétend l’assurer par des réformes d’en haut, c’est-à-dire sans la participation des masses organisées autour d’un programme anti-impérialiste clairement défini, sans transformation radicale de l’Etat, sans rupture avec l’impérialisme: il veut seulement discuter d’égal à égal avec les impérialistes, c’est-à-dire diversifier ses liens de dépendance, desserrer quelque peu le carcan de l’impérialisme français et de ses «droits acquis». Dans le même temps, il veut pratiquer une politique d’entente avec le PDCI, le RDR, l’UDPCI. Depuis deux ans, Laurent Gbagbo, président de la république de Côte d’Ivoire a passé son temps à amadouer ces partis à céder à leurs pressions et exigences. Et plus il a cédé, plus ils lui ont demandé. Résultat, une agression sur le bras, une rébellion réactionnaire composite.

Il ne suffit donc pas d’avoir de la bonne volonté. Il faut mener une politique de classe conséquente, ferme, sans compromission, sans collaboration avec les ennemis du peuple: les partis bourgeois et les puissance impérialistes. Un vrai démocrate patriote ne pratique pas la collaboration de classe, ni ne pactise avec l’impérialisme en tournant le dos aux intérêts et aspirations du peuple, des masses travailleuse et populaires, des laissés pour compte. Il mène une politique de classe vigoureuse, ferme, conséquente en faveur des masses travailleuses et populaires, crée un rapport de force en s’appuyant sur le peuple, en fait son ossature, va jusqu’au bout de sa politique quoi qu’il arrive.

On ne fait pas du «socialisme dans le capitalisme». On ne se met pas à la tête de l’Etat capitaliste néo-colonial, pour gérer les affaires de la bourgeoisie de l’impérialisme en voulant dans le même temps satisfaire les intérêts des masses travailleuses et populaires, les laissés pour compte. Il faut choisir clairement son camp. On ne joue pas avec l’impérialisme. On le combat, sinon on finit par tomber dans son camp.

Le Parti communiste prolétarien de Côte d’ivoire, le PCPCI; la classe ouvrière, les masses travailleuse, et prolétaires, les laissés pour compte n’ont rien à attendre de la politique de compromis et de compromission successive du FPI, de son leader le nationaliste petit-bourgeois Laurent Gbagbo, ni des partis bourgeois: PDCI, RDR, UDPCI, de l’impérialisme français, USA, britannique et autres, ni des partis petits-bourgeois, ceux dits révolutionnaires à coloration communiste, partisans de la propagande passive édulcorée, inoffensive pour la bourgeoisie, l’impérialisme, dans la mesure où elle ne touche pas à leurs intérêts.

APPEL A LA RESISTANCE NATIONALE ANTI-IMPERIALISTE CONTRE L’AGRESSION ARMEE

La Côte d’Ivoire va au-devant d’une situation certainement difficile, en particulier la classe ouvrière, les masses travailleuses et populaires, les laissés pour compte, victimes depuis toujours des politiques économiques et sociales désastreuses du parti autocratique, des firmes multinationales, des programmes d’ajustement structurel du FMI de la Banque mondiale, avec une paupérisation inqualifiable et inique. En fait, ce à quoi on arrive depuis les années 1985 à 1990, c’est l’échec total du libéralisme économique, de la politique du développement du capitalisme sauvage, qui depuis, a produit ses milliardaires bourgeois nationaux et de la sous région. C’est l’échec, la faillite de la politique néocolonialiste de la France, celle du PDCI de feu Houphouet-Boigny, de ses héritiers Henri Konan Bédié, Alassane Ouatttara, de feu le Général Gueï, tous alliés de la puissance colonisatrice qu’est la France. Les partis bourgeois non satisfaits du chaos créé dans le pays par leur politique désastreuse du libéralisme attisent la haine, le nationalisme, le chauvinisme, divisent les nationalités et minorités nationales..

Seule la Révolution Nationale Démocratique Anti-Impérialiste permettra aux peuples de Côte d’Ivoire de venir à bout de tous ces maux.

Le Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire le PCPI :

- appelle la classe ouvrière, la paysannerie, les nationalités et minorités nationales de Côte d’Ivoire, la jeunesse, les intellectuels les femmes, les jeunes filles, les artisans les patriotes de toute tendance à a résistance nationale anti-impérialiste contre l’agression armée que connaît la Côte d’ivoire !

  • Dénonce et condamne le coup d’Etat manqué !
  • Dit non à la partition de la Côte d’Ivoire !
  • Dénonce les menées de la France des USA, de l’Angleterre en tant que puissances impérialiste qui fomentent intrigues et complots en Côte d’Ivoire en Afrique et dans le monde pour leurs intérêts pour lesquels elles ne reculent devant aucun crime !
  • Dénonce les accords de coopération asservissants, accords qui sapent l’indépendance nationale de la Côte d’Ivoire. Il exige la fermeture de la base militaire du 43è BIMA stationnée à Port-Bouet !
  • Exige du pouvoir de la refondation l’armement immédiat du peuple: nul n’est mieux placé pour défendre le peuple que lui-même. Il est souverain et n’a pas besoin de sauveurs impérialistes d’où qu’ils viennent. !
  • Dénonce et condamne la classification ségrégationniste des ressortissants des pays de la sous région des autres pays étrangers dans l’attribution des cartes de séjour à plusieurs ..Alassane Ouattara premier ministre de Félix Houphouet-Boigny, actuel président du RDR !
  • Dénonce et condamne le concept d’ivoirité, concept raciste, xénophobe d’exclusion et de classification des Ivoiriens en 1ère, 2ème et 3ème catégories, concept erroné, dangereuse, à but électoraliste introduit pas Henri Konan Bédié !
  • Exige effectivement la révision de la constitution dans sa force actuelle, car cette loi fondamentale menace les fondements de la Côte d’ivoire, bloque, empêche son évolution en tant qu’Etat multinational et moderne !

Le PCPCI apporte son soutien sans faille aux ressortissants des pays frères de la sous régions, en majorité composés d’ouvriers d’usine, de travailleurs d’entreprises, de manœuvres, d’ouvriers agricoles, de petits commerçants, d’artisans, d’intellectuels bourgeois et petits bourgeois honnêtes, de laissés pour compte venus rechercher un gagne-pain. Ce ne sont pas eux qui s’enrichissent des richesses qu’ils créent avec leurs frères de classe ivoiriens dans les entreprises et usines des bourgeois capitalistes.

Non à la partition de la Côte d’Ivoire !

Bandes armées hors de Côte d’Ivoire !

Non aux armées des puissances impérialistes en Côte d’Ivoire !

Résistance nationale anti-impérialiste contre l’agression armée !

Armement du peuple pour défendre son indépendance !

LE COMITE CENTRAL DU PCPCI

Abidjan le 30 octobre 2002